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Raina Kabaivanska : la dernière diva

Celle qui fut la Tosca préférée de Pavarotti est revenue à Toulouse dans La Dame de Pique. Rencontre avec la grande cantatrice bulgare.

PAR Jérémie Rousseau | RENCONTRES | 29 février 2008
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Classica

INTERVIEW

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Pour vous, chanter Tchaïkovski ne constitue-t-il pas comme un retour aux sources ? }}

En effet, puisque Tatiana a été le rôle de mes débuts à l'Opéra de Sofia en 1957. Par la suite, j'ai souvent chanté Lisa, notamment au Metropolitan Opera, avec Nicolai Gedda, un Hermann de rêve. Mais je suis à présent une vieille dame, il me faut donc aborder des rôles de vieilles dames : dans Jenufa, dans Dialogues des Carmélites, et ma chère Comtesse dans La Dame de Pique.

Vous dites « des rôles de vieilles dames », certes, mais vous avez tout de même chanté Tosca jusqu'à l'âge de 70 ans !

C'est vrai. À ma 400e Tosca, je me suis dit « assez » ! Avec le recul pourtant, je crois que j'ai préféré à ce rôle celui de Madame Butterfly...

Quel est le secret de cette carrière exceptionnellement longue ?

Que ce soit Verdi, Puccini ou Zandonai, j'ai tout chanté avec une technique de bel canto. À mes débuts, de très bons maîtres existaient encore : Zita Fumagalli d'abord, puis en Amérique Rosa Ponselle, qui m'a dit : « Tu as une voix slave. Maintenant, nous devons faire une voix italienne. » Pendant plusieurs années, entre deux représentations au Met, j'allais rendre visite à Rosa à Phildelphie. C'était un phénomène. Elle était très belle, très grande, très élégante... et pleine de manies. [Elle sourit] Elle était entourée d'une quarantaine de chiens et chats, qu'elle nourrissait à sa table, entre deux bouchées de pizza !

De quel artiste gardez-vous la plus forte impression ?

Sûrement Jon Vickers : une bête de scène hors-norme.

Et Herbert von Karajan ?

Une relation tumultueuse. Toute jeune, je l'avais envoyé sur les roses, sans savoir qui il était. Il ne m'a donc pas engagé durant dix ans. Plus tard il est revenu - nous avons fait des Trouvère, des Falstaff ensemble. Puis, il m'a demandé pour Tosca. Mais étant un rien orgueilleuse - et de tempérament balkanique - je lui ai dit : « Maestro, vous avez enregistré Tosca avec Ricciarelli, alors faites-le à la scène avec Ricciarelli ! » Et cela marqua la fin de notre collaboration.

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