Juliette Gréco - Si vous étiez...
... un vêtement? Un musicien? La dame en noir, qui sort un nouvel album* reprenant 40 de ses plus belles chansons, a joué le jeu du portrait.
Si vous étiez... Un plat d'enfance Ce seraient les confitures de cerises ratées de ma mère, transformées en caramel, délicieuses et que l'on mangeait avec les doigts !
Une autre nationalité Je serais italienne. Non que je parle bien la langue - je la baragouine - mais j'aime beaucoup les Italiens. Elégants, esthètes, raffinés. D'ailleurs, ils m'aiment aussi. Je vais souvent chanter en Italie, à Rome, à Milan, mais aussi au Festival de Turin, organisé dans la cour d'un château magnifique. Ne le répétez pas, mais, à dire vrai, il y fait un froid épouvantable !
Un vêtement qui rend beau La mer... oui, l'eau de mer, parce qu'il n'y a rien de plus seyant.
Un mot qui serve de devise Debout !
Une couleur Le noir, couleur de protection. Et somptueuse couleur de scène. C'est en noir que je m'habille, depuis l'époque des existentialistes.
Un grigri J'ai une collection d'ours en peluche offerts par mes amis. Il y en a un, en particulier, que m'avait donné une toute jeune fille, pendant ma première tournée en Allemagne, au lendemain de la guerre. Elle m'a dit : « Je n'ai plus que ça. Je vous le donne. » Depuis, il m'accompagne dans tous mes concerts.
Un musicien Mozart, avec le pire et le meilleur qui le caractérisaient : fêtard, infernal... et génial. Je ne me prends pas pour lui, mais c'est lui que j'aurais aimé être !
Une rue de Paris La rue de Seine, celle de mon enfance. Nous y avons habité, ma mère, ma soeur, Charlotte, ma grand-mère et moi, dans un grand appartement donnant sur le square de Buci, juste après avoir quitté Bordeaux. A l'époque, j'étais petit rat à l'Opéra. Aujourd'hui, c'est là que se tient le marché que je préfère, rue de Buci, un lieu de fête qui me met en joie.
Un accessoire de mode J'aime bien les étoles en cachemire ou les pashminas, dont je m'enveloppe avec délices. Sinon, je suis une folle de souliers - tous les souliers, mais pas tellement les bottes, plutôt les escarpins, Roger Vivier et Chanel.
Une révolte Chez moi, la révolte est permanente... J'ai le sentiment de m'être toujours battue pour la condition des femmes. Et je suis encore prête à lutter pour ces quelques mots : « Liberté, Egalité, Fraternité ».
Un contemporain du sexe opposé Philippe Sollers. J'aime beaucoup sa littérature et sa personne. C'est quelqu'un de formidablement intelligent, cultivé, talentueux.
Une curiosité J'aimerais bien savoir ce qu'il y a après la mort. Mais, en fait, ça m'embête un peu parce que je crois qu'il n'y a rien.
* Sans vous aimer, par Michaël Delmar. Scali, 16 €.
Propos recueillis par Georges Sable
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