Trente et un ans après Rockollection, le chanteur prolonge son
classique par un RecoLLection qui fait danser l’été : 33 hits enchaînés. Etude
comparée.
Rockollection 1977
La genèse
« J’avais improvisé, juste
avant un dîner de copains, une mélodie qui m’est revenue par hasard deux ans
plus tard : je composais alors des chansons pour une Américaine,
Ann Calvert,
qui chantait sous le nom d’Ann C. Sheridan. Finalement, c’est devenu
Rockollection et Ann a assuré les choeurs. Depuis, elle est ma
choriste et mon coach d’anglais attitrés : on la retrouve sur
La Septième
Vague et sur
RecoLLection. Cette idée de "liste" idéale me titillait
depuis un moment : mon 45-tours précédent,
Les Radios qui chantent,
recensait déjà mes radios préférées quand j’étais au pensionnat. Avec
Alain Souchon, on a écrit une chanson assez courte. Notre directeur artistique a
tellement aimé qu’on a ajouté quatre couplets. »
L’enregistrement
«
Rockollection a
nécessité deux mois et demi de studio. Le mixage se faisait par tranches : un
couplet, une citation. Chaque soir, je grimpais sur un tabouret et
photographiais au Polaroid la console de son, pour garder une trace, au cas où
quelqu’un déplacerait les boutons de réglage.
Les Radios qui chantent
avait séduit... 545 fans ;
Rockollection s’est vendu à 5 millions
d’exemplaires ! J’ai même enregistré une version espagnole. Aux Etats-Unis, on
a dû retirer
Mr. Tambourine Man, de Bob Dylan, pour des questions de
droits. Au Brésil,
Gloria a été remplacée par
Guantanamera. J’ai
appris qu’un Hollandais avait copié le principe de
Rockollection en
utilisant des citations identiques. »
La petite histoire
« J’ai été assigné au
tribunal : les reprises n’étaient pas mentionnées sur la pochette et on n’avait
pas demandé les autorisations. Les droits ont été bloqués trois ans. »
RecoLLection 2008
La genèse
«
Rockollection
est une chanson vivante ! Durant les concerts, tout le monde redevient
adolescent. J’ai d’ailleurs l’idée de demander à des DJ de monter des nuits
"
Rockollection", de mixer des tubes des années 1950 à nos jours. Alain a
imaginé de nouveaux couplets, qui retracent mon parcours, de la petite enfance
à aujourd’hui. On discute tous les deux et, en fin d’après-midi, on écrit... La
pochette est un remake de celle de 1977. Le titre est d’origine. A l’époque,
Alain était plongé dans Baudelaire, le spleen, la réminiscence ou recollection,
en anglais... Et puis un copain a lancé : "Et pourquoi pas Rockollection ?" »
L’enregistrement
« Il a duré six mois.
Désormais, tout passe par le disque dur. C’est très pratique, mais, du coup,
des fenêtres s’ouvrent à l’infini. Il y a 33 citations, notamment des Who, des
Bee Gees, de Polnareff, de Frankie Goes to Hollywood, et deux chansons
originales d’Alain et moi :
Dans le vent qui va et
Jelly Bean. Ce
sont, en tout, 35 chansons différentes, qui doivent s’intégrer dans un climat,
un tempo, des enchaînements. L’orchestration symphonique d’un morceau m’a
inspiré une musique de film, dans lequel une petite fille aux yeux bleus pose
des questions en anglais : "Est-ce qu’il y a de la musique dans les étoiles ?
Quelle a été la toute toute première chanson du monde ?" »
La petite histoire
« En 1977, des
adolescents du lycée du Perreux-sur-Marne étaient venus chanter et taper dans
les mains. Trente ans après, plusieurs d’entre eux sont de retour pour assurer
les choeurs avec leurs enfants. »
Le site officiel de Laurent Voulzy
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