Samedi 29 mars, à 21h, la chaîne Mezzo diffusera en direct du Grenoble Jazz Festival le concert d’Ahmad Jamal. Un prime time jazz en compagnie du « prophète » du piano...
Samedi 29 mars, à 21h, la chaîne Mezzo diffusera en direct du Grand Théâtre de la MC 2 Grenoble, le concert d’Ahmad Jamal. Entouré de
Idris Muhammad à la batterie et de James Cammack à la contrebasse, celui que Miles Davis décrivait comme « LA façon de jouer du piano » offrira deux heures de swing feutré, avec sa formation de prédilection : le trio.
Ahmad Jamal a révolutionné l’histoire du piano-jazz. Ce musicien d’exception, aujourd’hui âgé de 77 ans, a croisé Art Tatum, Nat King Cole, Lester Young, Billie Holiday, Charlie Parker ou Bud Powell. Il a connu l´époque des bigs bands, celle du be-bop triomphant et du jazz électrique.
Né à Pittsburgh (formidable vivier de musiciens : Kenny Clarke, Art Blakey, Earl Hines...) en Pennsylvanie le 2 juillet 1930, Ahmad Jamal commence le piano dès l’âge de trois ans. Il fréquente la Westinghouse High School. A huit ans, il interprète Chopin, Liszt, Gershwin et signe sa première pièce pour big band. Il débute sa carrière professionnelle dans l’orchestre de George Hudson dès 1947. En 1949, il fonde son premier trio, The Three Strings (avec Ray Crawford à la guitare et Eddie Calhoun à la basse). Il joue au Blue Note de Chicago, à New York, est repéré par la firme Okeh qui lui fait enregistrer ses premiers disques. Il obtint d’emblée un beau succès avec l’arrangement de la chanson populaire « Billy Boy » (1952)...
En 1956 Jamal forme un nouveau trio. Sa relation privilégié avec Erroll Garner l’amène à modifier l’instrumentation de son trio : il remplace la guitare par une batterie et commence à poser les bases d’une nouvelle esthétique. Bill Evans, Red Garland, George Shearing ou Jacky Terrasson ont largement puisé dans cette sorte de sobriété sophistiquée constituant la marque de fabrique d’un instrumentiste réputé « feutré ». Entouré d’Israel Crosby à la basse et de Vernell Fournier à la batterie, Jamal invente tout simplement le trio moderne. Un trio consacré « idéal » par l’histoire du jazz.
En 1958, au Pershing de Chicago, les trois hommes enregistrent l’album culte « But Not For Me » qui emporte aussitôt un succès commercial colossal. Il restera 108 semaines dans le top ten des meilleures ventes, (titre que Miles inclura sur son album « Oleo » pour Atlantic) faisant de Jamal le premier jazzman à vendre plus d’un million d’exemplaires du même disque. C’est une période d’intense activité. Le trio tourne et enregistre sans cesse ; Jamal se fait construire un club-restaurant, l’Alhambra, monte sa propre maison de disques, tout lui réussit...
Mais bientôt, l’artiste est rattrapé par une période moins glorieuse. Il divorce, ferme son club (1961) et ses musiciens le délaissent doucement pour le trio d’un autre pianiste à la mode, George Shearing. Le silence phonographique s’installe, sa carrière se ralentit...
... Jusqu’ en 1985 : le percussionniste Jack DeJohnette, lui dédie un thème, « Ahmad The Terrible », sur son atypique « Piano Album ». Une dédicace qui allait correspondre à un retour en grâce d’Ahmad Jamal comme le prouvent ses enregistrements des années quatre-vingts pour Atlantic : « Digital Works », « Crystal », « Pittsburgh », « Live At The Montreal Jazz Festival », « Rossiter Road » et surtout « Live in Paris » (Birdology/Polygram), album marquant le début d’une collaboration fructueuse entre le pianiste américain et un producteur français : Jean-François Deiber. A la tête d’un septette, le trompettiste Donald Byrd et le saxophoniste George Coleman l’accopagnent alors. Son talent est intact. Cette carrière relancée donne désormais naissance régulièrement à de nouveaux enregistrements. C’est ainsi que paraît "Picture Perfect" (2000 - Birdology), qui marque la collaboration d’Ahmad Jamal avec le chanteur O.C. Smith.
Aujourd’hui, Ahmad Jamal se sent exclusivement concerné par la structure et l’épure de ses compositions. Si on évoque son crédo, Jamal répond : « Réfléchir, comme dans un miroir, la créativité, c’est uniquement ce que peut faire le créateur ». Telle est la mission qu’il s’est fixée et tel est son chemin de pensée.
Le site officiel du Grenoble Jazz Festival
Le site officiel d’Ahmad Jamal
En vidéo, Ahmad Jamal Trio, en concert en 2005.