Être fidèle à la musique |  Aide

Eh bien... lisez maintenant !

Pour les juniors : bandes dessinées, thriller psychologique, romans d'anticipation ou d'espionnage... Planquez les lampes de poche, ça va être difficile de les mettre au lit...

PAR Nathalie Riché | LIVRES | 7 juillet 2008
Réagir
Lire

Dès 4 ans

Des cochons qui font mouche

Les Mellops font de l'avion est le premier album que Tomi Ungerer réalisa à la fin des années 1950. Débarqué aux Etats-Unis à l'âge de vingt-cinq ans « avec soixante dollars en poche et une cantine de dessins », le jeune Alsacien le proposa chez Harper & Row, l'éditeur de Maurice Sendak, et fit mouche. Premier-né de soixante-dix livres qui marqueront des générations d'enfants, Les Mellops sont couronnés en 1957 par le Children's Spring Book Festival du New York Herald Tribune. Cinquante ans plus tard, les six cochons n'ont pas pris un bourrelet ! Sortes de lointains cousins de Babar, ils rayonnent de fantaisie et d'intemporalité. Père dévoué, monsieur Mellops entraîne ses quatre fils dans les plus folles aventures : à bord d'un avion construit de bric et de broc, à la chasse au trésor sur une île déserte, en mission spéléologique...

« Je donne aux enfants les moyens, en développant leur imagination, de provoquer les adultes », déclare l'auteur. Un principe respecté dès ce premier album car, derrière ces aventures fantasques, pointe déjà la satire sociale chère à Ungerer. Quoi qu'il arrive, chaque épisode ne se conclut-il pas par un fabuleux gâteau à la crème conçu par l'impeccable madame Mellops ? L'Ecole des loisirs a eu la bonne idée de rassembler en un même volume les cinq histoires de la famille « cochon ». A emporter en vacances absolument.

Les aventures de la famille Mellops, Tomi Ungerer, 172 p., L'Ecole des loisirs, 19,50 €.


Dès 8 ans

L'espionne qui m'aimait

Romarine a trouvé sa vocation : espionne ! Ça tombe bien, la vie de famille regorge de petits mystères à éclaircir. Romarine fonde un club d'espions avec ses cinq amoureux et se lance à fond dans les enquêtes. Elle découvre ainsi que sa maîtresse porte un prénom ridicule, que sa grande soeur de 13 ans fume en cachette, que ses voisins séquestrent une vieille dame ou encore que leur frère aîné en connaît long sur l'amour... Espionner est définitivement passionnant, même si certaines situations deviennent peu contrôlables. Avec son style décapant, Marie-Aude Murail entraîne son héroïne bien trempée dans quatre aventures qui se dévorent comme un livre à sketches.

L'espionne fonde son club, Marie-Aude Murail, ill. Frédéric Joos, 164 p., Bayard Jeunesse/Estampillette, 11,90 €.


Une incroyable traversée

En vacances au Touquet avec sa grand-mère, Aristide, allongé sur son matelas pneumatique tout neuf, se laisse délicieusement porter par le clapotis de la mer, loin du brouhaha de la plage. Mais lorsqu'il se réveille au milieu d'une étendue noire comme de l'encre, il n'en mène pas large. Encore moins lorsqu'il échoue au matin sur le sable, accueilli par une bande de garçons qui font de lui leur prisonnier... le tout en anglais ! Fraîcheur et humour british sont au rendez-vous de cette aventure rocambolesque. Agrémenté d'un cahier jeux.

Aristide, Rosemary Friedman, traduit de l'anglais par Plum Le-Tan, ill. Quentin Blake, 96 p., Gallimard Jeunesse/SNCF, Voyage en page, 2,50 €.


Dès 9 ans

Nina et le gros chagrin

Après la mort de la grand-mère de Nina, la maison flotte sur une mer de larmes. Comment se débarrasser d'un aussi grand chagrin ? Nina appelle à la rescousse Joséphine, la meilleure amie de sa mère. Jojo, c'est du rire en boîte. Avec son chat Foufou, son accordéon et son amoureux qui ressemble à un cow-boy, Jojo est un spectacle permanent. A petites touches, Agnès de Lestrade nous conduit des larmes au rire, en passant par les cases « tendresse », « souvenirs » et « poil à gratter ». Un joli texte pour aborder les chaos de la vie.

Mes yeux menthe à l'eau, Agnès de Lestrade, ill. Violaine Leroy, 102 p., Editions du Rouergue, 6,50 €.


Dès 10 ans

Western déglingué

Si vous êtes passé à côté du premier tome de cette BD, rattrapez-vous avec les secondes aventures de Poncho, l'apprenti cow-boy, de Semelle, sa monture en forme de boudin et courte sur pattes, et de Poum, leur pote fantôme. Poncho rêve d'arrêter le hors-la-loi Rollo Veranda, un vaurien aux sourcils épais qui le martyrisait déjà à l'école. Semelle, un brin chochotte, se carapate. Mauvais perdant aux échecs, il apprend à maîtriser sa nature colérique grâce à un maître-chien, très zen. Trait vif et dialogues décalés font de ce joyeux western un vrai régal. Un seul défaut, leurs aventures sont trop courtes ! Vivement le troisième tome.

Poncho et Semelle, tome 2, La colère de l'Ouest, Hugo Piette, 44 p., Sarbacane, 9,90 €.


Dès 12 ans

Vivre sa vie, vivre ses rêves

Imaginez un monde où le risque est interdit. Où monter à cheval est illégal, où les sportifs courent sur un terrain anti-chute, un moniteur cardiaque au poignet. En 2074, dans l'Union des Etats-Sécurisés d'Amérique, la moindre violence, verbale ou physique, est sévèrement punie. D'ailleurs un tiers de la population est en prison. « Ce pays est parti en brioche... et moi je vis dans un asile de fous », martèle le grand-père de Bo, nostalgique d'une époque où chacun pouvait réaliser ses rêves. Pour Bo Marsten, seize ans, ce pays est un cauchemar. Renvoyé du collège après une altercation avec un élève, Bo est incarcéré avec pour voisins des ours polaires et pour codétenus une meute de footballeurs assoiffés de violence. Mais Bo en a décidé autrement : vivre, c'est prendre des risques. Une plongée dans un futur proche déroutant et un beau portrait d'adolescent rebelle, sauvé par son amour du sport.

Risque zéro, de Pete Hautman, traduit de l'américain par Marie Cambolieu, 296 p., Milan/Macadam, 9,50 €.


Dès 14 ans

Miroir, mon beau miroir...

Le nom de Melvin Burgess est toujours la promesse d'une histoire passionnante et sulfureuse. Ce quinzième roman n'échappe pas à la règle. Comme des millions de jeunes filles, Sara Carter, dix-sept ans, est fan de Jonathon Heat, superstar de la scène rock. Maître absolu de son image, le chanteur aime à changer d'apparence et s'est fait refaire le visage tant de fois qu'il doit porter un masque. Sara, d'une beauté (presque) parfaite, est obsédée par la célébrité et par son apparence. Marquée sur la joue par un accident au fer à repasser, elle se retrouve dans un hôpital où séjourne Jonathon. Les deux personnages sont captivés l'un par l'autre. Pour la jeune fille, les signaux de la gloire sont en alerte maximale. Pour Jonathon, les raisons semblent plus mystérieuses. Il installe Sara dans son manoir, lui promet un concert en duo et les services de son chirurgien esthétique. Sara est tentée par l'opération. Mais peu à peu, elle prend peur. Et si Heat voulait se faire greffer son visage ? Dans un monde qui célèbre la gloire éphémère et la beauté plastique, ce livre pose la question de l'identité et des limites de l'ambition. Les événements sont éclairés par le journal vidéo intime de Sara. Un double récit qui contribue au destin ambigu de la jeune fille. « Je veux faire des fictions que les gens désapprouvent », avait déclaré Melvin Burgess à propos de son roman Rouge sang. Remplacez « gens » par « adultes », car les ados, eux, vont adorer ce thriller psychologique aiguisé comme un scalpel et qui colle à la peau longtemps après l'avoir lu.

Le visage de Sara, Melvin Burgess, traduit de l'anglais par Laetitia Devaux, 304 p., Gallimard Jeunesse/Scripto, 11,50 €.

Retrouvez sur Qobuz : [A quoi tu joues pour les vacances ? ->http://www.qobuz.com/info/Qobuz-LIFE/Livres/A-quoi-tu-joues-pour-les-vacances15042]

 Lire aussi
Soyez le premier à réagir
sur cet article !

Fil d'actualités