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Le sexe selon Schopenhauer

La reproduction de l'espèce...

PAR Jean Montenot | SOCIÉTÉ | 20 avril 2008
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Dans un additif à son livre majeur - Le monde comme volonté et comme représentation - intitulé «Métaphysique de l'amour sexuel», Schopenhauer s'en prend aux illusions romantiques sur une question qui «n'a pas encore été prise en considération par les philosophes».

Sa thèse est que la sexualité en général, humaine en particulier, n'est autre chose que l'expression de la force qui, à ses yeux, fait le fond de toute réalité et qu'il appelle le «vouloir vivre». Mais le monde n'est pas que volonté, il est aussi représentation, conscience.

Et c'est là que tout se complique: l'homme ne voit pas la réalité telle qu'elle est. L'individu est dans l'illusion notamment lorsqu'il pense servir ses intérêts au moment du choix d'un partenaire sexuel. En fait, ce choix est rigoureusement déterminé par des critères liés à la reproduction de l'espèce. Toute passion repose donc in fine sur une illusion «qui fait miroiter aux yeux de l'individu ce qui n'a de valeur qu'aux yeux de l'espèce». Voilà aussi pourquoi le charme de la femme désirée cesse une fois l'objectif atteint, mais cet objectif n'est au fond que celui de l'espèce qui «veut» se conserver et s'accroître.

Bref, nos choix sexuels ne sont que l'instinct sexuel déguisé de l'espèce. Conséquence: l'homme est polygame, parce qu'il «peut engendrer en une année plus de cent enfants»; chez lui l'adultère est naturel. La femme qui ne peut, dans le même temps, engendrer qu'un seul enfant s'attachera fermement à un seul homme. Elle sera donc naturellement fidèle. C.Q.F.D.

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