Le sexe selon Platon
Du sexe sans amour à l'amour sans sexe...
L'amour ou le désir - en grec eros - est une des grandes affaires de la philosophie de Platon. Pourtant, quand il aborde la question de l'amour, Platon présente toujours la continence sexuelle comme supérieure aux relations charnelles. Parmi les textes les plus lus de l'œuvre platonicienne, il y a les discours des protagonistes du Banquet, «cette assemblée de tantouses» (Jacques Lacan), sur la nature de l'amour. En vérité, il y est question de l'amour pédérastique, autrement dit entre un homme adulte (l'éraste) et un jeune garçon (l'éromène) - rappelons que dans cette coutume codifiée, la sodomie était interdite, la copulation devant être intercrurale* (l'éraste entre les jambes de l'éromène).
Parmi les discours tenus, il y a celui de Pausanias, qui fait le philosophe en insistant sur la nécessité de distinguer entre deux Eros, deux types d'amour, comme il y a deux Aphrodite, la populaire et la céleste. Le premier concerne les hommes et les femmes, ne connaît pas de règles et s'adresse au corps plutôt qu'à l'âme. Le second concerne d'abord l'âme à qui il donne un élan et s'exprime dans la pédérastie. Ce débauché notoire connu surtout pour chercher les plaisirs des sens est, il est vrai, un peu ridicule.
Il y a le discours d'Aristophane qui rend compte de l'origine du désir amoureux en retraçant l'histoire de l'humanité primitive. Celle-ci était alors composée de trois espèces d'êtres humains - les hommes, les femmes et les androgynes - et constituée d'individus sphériques possédant quatre membres, deux têtes, deux sexes, etc., deux fois masculins, deux fois féminins ou mixtes.
L'orgueil ayant poussé ces êtres sphériques à escalader le ciel pour combattre les dieux, Zeus, contraint de sévir, les aurait coupés en deux. Cette fable fantastique expliquerait l'amour comme le désir nostalgique de s'unir à sa moitié perdue. Elle rend même raison, si l'on peut dire, des orientations homosexuelles ou hétérosexuelles des êtres humains en fonction de l'espèce initiale dont ils proviennent. Bref, les hétéros sont des androgynes qui s'ignorent et qui aimeraient le redevenir.
Il y a le discours de Socrate se faisant porte-parole de la prêtresse Diotime. Eros y est défini comme manque de ce qu'on n'a pas. Socrate y raconte - encore une fable inventée par Platon - la naissance du dieu Eros, fils d'Expédient (l'astuce nécessaire pour se procurer ce qu'on désire) et de Pauvreté (puisque le désir est pénurie, manque).
Enfin, le dialogue culmine dans l'injonction de s'élever de l'amour ou du désir d'un corps particulier au juste amour des beaux corps en général, puis à celui des belles âmes, et, de ce dernier, à la contemplation du Beau idéal. Telle est l'orientation générale de l'érotique platonicienne: toute d'élan vers la beauté. L'amour charnel n'en est au mieux que le premier degré, toujours subalterne, toujours dévalorisé.
Pour ce qui est du plaisir sexuel au sens strict, Platon est beaucoup moins lyrique. Il condamne même fermement le plaisir sexuel quand il est cherché pour lui-même, indépendamment de toute dimension amoureuse. Comme les plaisirs de la table et ceux du vin auxquels il les compare, les plaisirs sexuels ne peuvent procurer que des satisfactions subalternes et éphémères. C'est le plus laid des plaisirs puisqu'on s'y livre en cachette. C'est un plaisir «dont on peut même se passer».
Les bornes de la nature
Pour Platon, l'incontinence sexuelle est donc incompatible avec l'expérience métaphysico-érotique de l'amour. Quand il s'agit de légiférer, il est encore plus radical: le plaisir sexuel doit rester dans les bornes de la nature. Les accouplements légitimes des gardiens et des gardiennes de la Cité se font furtivement dans la promiscuité des gymnases en fonction d'une «nécessité érotique» et dans un but eugéniste.
Enfin, malgré toutes les conjectures sur son homosexualité, Platon la condamne très fermement, dans La république et dans Les lois notamment, tant féminine que masculine. Finalement, ce n'est pas tout à fait sans raison que l'expression «amour platonique» désigne un amour pur, idéal et dégagé de toute sensualité.
Fil d'actualités
-
00:05Qobuz | Sur les traces d'Amalia...
-
hier
-
hierQobuz | Alexander le Bienheureux
-
jeu.
-
jeu.
-
jeu.Qobuz | Archie birthday !
-
mer.
-
mer.
-
mer.
-
mer.Qobuz | La Roque d'Anthéron au sommet
-
mer.
-
mer.Qobuz | Parlez-vous Françaix ?
-
mar.
-
mar.Qobuz | Bee Gees aphones
-
lun.Qobuz | Une pause Café-Qobuz à Musicora
-
lun.
-
lun.Qobuz | Teodora Gheorghiu en récital
-
lun.
-
lun.
-
lun.
-
lun.Qobuz | QIBUZ / Lundi 21 mai 2012
-
lun.L'Express | Robin Gibb, le chanteur des Bee Gees, est mort
-
lun.L'Express Styles | Coup de cœur pour Nick Waterhouse
-
lun.Qobuz | L’âme à deux
-
dim.L'Express Styles | "Shape Shifter", le 36e album de Santana !
-
dim.L'Express Styles | Le crooner Richard Hawley signe son grand retour
-
dim.
-
dim.
-
dim.Qobuz | Rose algérienne
-
dim.L'Express Styles | 2 choses à savoir sur "MA" de Ariane Moffatt







