Des bijoux indiscrets
Ce livre manifeste l'attachement tout particulier que Diderot porte à la condition féminine. Déjà, et avant de l'exposer avec force dans La religieuse, il y montre combien pèsent sur les femmes le mensonge social et le mensonge sexuel.
«Ce dont il s'agit dans cette série d'études? Transcrire en histoire la fable des Bijoux indiscrets.» C'est par cette phrase énigmatique que Michel Foucault ouvre la section IV de sa Volonté de savoir, premier tome de son histoire, inachevée, de la sexualité. Pour nous faire comprendre que loin d'être caché, tu, enfoui, le sexe est au contraire partout, proliférant et l'objet de notre obsessionnel souci, l'allusion à la fable de Diderot était éclairante.
Les bijoux indiscrets sont, sans doute, l'œuvre romanesque la moins fréquentée de notre encyclopédiste. Comme ses contemporains, Diderot attachait lui-même peu de prix au genre romanesque. Il se voulait d'abord philosophe et Les bijoux indiscrets , suite de saynètes jouées dans une Afrique imaginaire, et publiés anonymement en 1748, ont bien ce caractère de discussions philosophiques où le lecteur retrouve, sur le mode comique, les grands sujets qui occupent les beaux esprits du temps.
L'argument est savoureux. Voici qu'un certain prince sultan Mangogul vient à disposer d'une bague magique. Il suffit d'en tourner le chaton en direction d'une dame pour que, soudain, et malgré qu'elle en ait, elle se surprenne à entendre parler son «bijou», c'est-à-dire son sexe. Comme cette parole-là est incoercible, on imagine aisément les désastres que les «vérités» ainsi distillées provoquent dans les compagnies où notre sultan malicieux s'amuse.
Ces Bijoux indiscrets ne sont cependant pas très licencieux. Ce n'est pas un roman du deuxième rayon. Et si, en 1975, le sujet est repris comme scénario d'un film X, Le sexe qui parle, en 1748, il est lu pour les débats philosophiques qu'il met en scène et que Diderot affectionne.
On identifie sans peine le parti pris matérialiste de l'auteur à travers les efforts drolatiques que la sultane Mizoza déploie pour localiser le siège de l'âme. Pas dans la tête, en tout cas, estime-t-elle, plutôt dans les pieds, au moins chez le petit d'homme qui les agite beaucoup pour traduire ses sensations!
On a compris que pour Diderot la question de l'âme est tout simplement oiseuse. Mais Les bijoux indiscrets manifestent aussi l'attachement tout particulier que Diderot porte à la condition féminine. Déjà, et avant de l'exposer avec force dans La religieuse, il montre combien pèsent sur les femmes le mensonge social et le mensonge sexuel.
Déjà, sa philosophie de la liberté se confond avec sa critique sociale. La liberté, c'est une «nature» retrouvée sous la gangue des contraintes sociales. Ou, à tout le moins, dira plus tard encore Le neveu de Rameau, une «portion d'individualité naturelle» dégagée de la «fastidieuse uniformité de notre éducation, des conventions de la société, des bienséances d'usage».
Fil d'actualités
-
00:05Qobuz | Sur les traces d'Amalia...
-
hier
-
hierQobuz | Alexander le Bienheureux
-
jeu.
-
jeu.
-
jeu.Qobuz | Archie birthday !
-
mer.
-
mer.
-
mer.
-
mer.Qobuz | La Roque d'Anthéron au sommet
-
mer.
-
mer.Qobuz | Parlez-vous Françaix ?
-
mar.
-
mar.Qobuz | Bee Gees aphones
-
lun.Qobuz | Une pause Café-Qobuz à Musicora
-
lun.
-
lun.Qobuz | Teodora Gheorghiu en récital
-
lun.
-
lun.
-
lun.
-
lun.Qobuz | QIBUZ / Lundi 21 mai 2012
-
lun.L'Express | Robin Gibb, le chanteur des Bee Gees, est mort
-
lun.L'Express Styles | Coup de cœur pour Nick Waterhouse
-
lun.Qobuz | L’âme à deux
-
dim.L'Express Styles | "Shape Shifter", le 36e album de Santana !
-
dim.L'Express Styles | Le crooner Richard Hawley signe son grand retour
-
dim.
-
dim.
-
dim.Qobuz | Rose algérienne
-
dim.L'Express Styles | 2 choses à savoir sur "MA" de Ariane Moffatt







