Esperanza
Esperanza
Ne vous laissez pas rebuter par le nom de ce trio italien qui laisse craindre une makina de mauvais goût : ce premier album est l'un disques les plus délicats qu'il vous sera donné d'entendre en ce moment. Gui Boratto, James Holden ou Peter Kruder avaient déjà playlisté leur premier EP paru en juillet dernier. Nourri d'influences disparates, de la pop psychédélique à la disco baléarique en passant par la techno made in Detroit, Esperanza est aussi difficile à classer qu'il est surprenant. Si le Wasting Our Time inaugural les rapproche plutôt de Washed Out et de toute la vague chillwave, le splendide Sirena établit plutôt un pont entre leur Italie et la Norvège de Lindstrøm ou Prins Thomas. Aliante Giallo augmente légèrement le rythme et cousine plutôt avec le Hot Chip des débuts, dans son aspiration à faire danser sur une pop bricolée et émouvante. Les BPM ne s'affoleront guère plus, ce qui constitue à la fois l'attrait d'un album à la langueur rassurante mais dont l'aspect contemplatif l'empêche parfois de décoller. En revanche, quand le charme opère comme sur le mental Ink et sa montée irrésistible, Esperanza se révèle de subtils architectes sonores capables de rivaliser avec les meilleurs producteurs du genre. Quand ils se seront libérés totalement de leurs inspirations (le Harp de clôture, sous haute influence de Brian Eno et Air), ce trio sera l'une des meilleures bottes secrètes de la Grande Botte en matière de musique électronique.
Marc Arlin
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