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Michael Nyman a créé son label

Michael Nyman réédite ses partitions les plus célèbres sur son label MN Records.

PAR Franck Mallet | LES POISSONS D'OR | 4 août 2010
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Classica

Grand spécialiste du baroque anglais (Haendel et Purcell) comme du minimalisme (son livre Experimental Music, traduit chez Allia, en 2005), Michael Nyman bousculait la frontière des genres avec son In Re Don Giovanni, en 1977. S'emparant des seize premières mesures de l'"Air du catalogue" du Don Giovanni de Mozart, il créait, par une série de filtres et de transformations, une nouvelle forme musicale, tenant autant du pastiche, du minimalisme que du rock. Cinq ans plus tard, employant une méthode similaire pour ce qui reste l'une de ses partitions les plus fameuses, The Draughtsman's Contract [Meurtre dans un jardin anglais], pour le film de Peter Greenaway, il revisite les chaconnes, les canons et les basses obstinées [ground bass] de son compositeur fétiche, Henry Purcell.

Très sollicité au cinéma depuis, il n'oublie pas pour autant l'opéra. Après L'Homme qui prenait sa femme pour un chapeau, il a enchaîné d'autres ouvrages comme Facing Boy (2000), Man and Boy : Dada (2004), et l'année suivante Love Counts, tous créés à Kalsruhe (Allemagne).

Lui aussi a lancé son propre label discographique, MN Records, en 2005, sur lequel paraissent plusieurs nouveaux albums, dont des réenregistrements de ses partitions les plus célèbres. On y retrouve les rythmes vertigineux de The Draughtsman's Contract, pas si éloignés de la pop anglaise des Flying Lizards, groupe des années 1980 cofondé par son ami David Cunningham.

Enregistré dans la foulée du 250e anniversaire de la naissance de Mozart, l'album Mozart 252 reprend, trente ans plus tard, le célèbre In Re Don Giovanni, associé à d'autres partitions mozartiennes "chahutées" par le musicien anglais. Autre reprise majeure, celle de MGV (Musique à Grande Vitesse), commande du Festival de Lille pour l'inauguration du tronçon Nord de la ligne TGV, ici dirigée par le compositeur à la tête de son ensemble.

À l'instar de Philip Glass, Michael Nyman est à découvrir, seul à son instrument, avec The Piano Songs, pot-pourri de ses airs les plus inspirés. On n'oublie pas pour autant deux autres albums : 8 Lust Songs, pour voix et orchestre, et The Glare, duo néo-rock réussi entre le chanteur David McAlmont et le Michael Nyman Band, suivi du vibrionnant quatuor de saxophones Songs for Tony.

MNRCD 105, The Draughtsman's Contract, 46'  
MNRCD 113, Mozart 252, 50'  ★★★★
MNRCD 115, MGV The Piano Concerto, 59'  ★★★
MNRCD 103, The Piano Songs, 50'  ★★★★
MNRCD 114, 8 Lust Songs, 45'  ★★★
MNRCD 116, The Glare, 53'  ★★★

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