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L'art de Stephan Micus

Il faut s'appeler Stephan Micus pour dompter et combiner les sons les plus inattendus.

PAR Franck Mallet | LES POISSONS D'OR | 14 juin 2011
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Classica

À parcourir le monde, collectant une foule d'instruments, écoutant des musiciens dans les régions les plus reculées du globe — Japon, Laos, Tanzanie, Gambie... ou Bavière —, Stephan Micus (né en 1953) sait-il encore lorsqu'il entre à nouveau dans un studio qu'il en est à son dix-neuvième album pour le même éditeur ? Rien de moins sûr, car quasiment rien ne les différencie, si ce n'est peut-être la photo qui l'illustre. Sait-il au moins que les frontières de l'Europe Centrale ont changé et que le temps du Moyen-Âge a précédé l'art du montage numérique ?


Bold As Light
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Disponible en qualité CD (LossLess)

Avec Bold as Light, le voilà soufflant dans plusieurs flûtes — ses instruments de prédilection — dont deux empruntées au Laos et au Japon, qu'il combine avec un chœur géorgien, lui-même bien sûr se réenregistrant dans une polyphonie contemplative. Au détour d'une composition, on croit reconnaître une mélopée classique japonaise jouée sur une flûte seule en bambou (Autumn Dance), mais non, car nous sommes aussitôt happés par le chant narcotique du shakuhachi — dont, là encore, l'air (Golden Ginkgo Tree) évoque une célèbre composition recueillie en Birmanie, et préservée depuis par une non moins célèbre collection dévolue à la musique traditionnelle. Mais son rythme agreste nous éloigne du chant plus feutré de la flûte droite, associée à quelque rite de la liturgie birmane. Ailleurs encore, dans Seven Roses, il psalmodie à la manière du chant orthodoxe, soutenu par le bourdon du shö, l'orgue à bouche japonais.

Certes, l'art de combiner les sons est à la portée du premier venu, mais encore faut-il s'appeler Stephan Micus pour en dompter les intonations les plus inattendues, les plus étranges.

Bold As Light (ECM-Universal) - Réf. 274 3086 (50')

Stephan Micus parcourt le monde... parfois sur sa vieille mob'. (Photo Ren Dalpra)

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Votre avis

Note des internautes : 01234

Publié par vx69 (1 message) il y a 11 mois
01234 Monsieur Mallet, rien à voir avec Stephan Micus, mais cela fait maintenant une vingtaine d'années que je cherche sans succès à savoir qui était l'interprète de la musique du générique de Poissons D'Or, émission qui a largement contribué à former ma culture musicale - et laissé cette frustration immense de ne pas pouvoir mettre la main sur ce fascinant générique !!!!!!! (V. Villalon, vx69@free.fr)

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