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Archets divers

Nous ne vous ferons pas l’injure de vous poser la question : « Aimez-vous Brahms ? » Hagai Shaham met tout en œuvre pour nous le faire adorer.
Mais connaissez-vous les compositeurs Christian Joseph Lidarti ou Charles-Auguste de Bériot ?

PAR Xavier Rey | LES BRÈVES | 14 avril 2009
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Classica




Les vingt et une Danses hongroises, écrites par Brahms pour piano à quatre mains, furent transcrites pour violon et clavier par Joseph Joachim. Leurs thèmes et leurs rythmes rappellent indubitablement ceux des airs populaires – au demeurant plus tziganes que hongrois – du genre csardas. Les Variations de Joachim, terminées en 1860 et dédiées à Pablo de Sarasate, ont, elles, une coloration tout à fait hongroise. L’interprétation de ces œuvres exige une main gauche agile et infaillible et un archet très souple, qualités que possède au plus haut degré l’excellent violoniste Hagai Shaham, bien soutenu ici par Arnon Erez.
Hyperion CDA 67663 - 2007 - 66’ - note 8 Écouter et télécharger

Si l’idée de graver les deux Sonates pour violon et piano et l’Élégie de Georgy Catoire était excellente, il eût été également parfait que les aptitudes du violoniste soient à la hauteur de la tâche. Hélas, cette interprétation est trop souvent gâchée par des approximations (doux euphémisme) dans l’intonation et un archet ayant une fâcheuse tendance à « savonner » les traits les plus périlleux – le Tzigane de Ravel, donné en complément, est à ce point de vue exemplaire. Reste la Pièce en forme de habanera du même Ravel que l’on a connue plus sensuelle et hispanisante sous d’autres archets (celui de Ginette Neveu en particulier). Herwig (violon) et Bernd (piano) Zack sont certainement de bons musiciens, mais ils auraient été mieux inspirés en choisissant un programme moins aventureux.
Avie AV2143 - 2005 - 67’ - note 4 Écouter et télécharger

Dynamic, sans se lasser, continue son exploration des Concertos pour violon de Giuseppe Tartini, avec présentement les D 7, D 28, D 31, D 33, D 34, D 65, D 68, D 78, D 102, D 103, D 107. Ira-t-on jusqu’à une intégrale ? Trois solistes – Federico Guglielmo, Giovanni Guglielmo et Federico Lazari – se partagent l’honneur d’exécuter ces pages périlleuses. Seul le dernier parvient à tirer son épingle du jeu ; il est en effet le seul à n’éprouver aucune difficulté d’exécution – même dans les traits de virtuosité les plus délicats à négocier –, à faire entendre des sonorités agréables à l’oreille et, enfin, à respecter une certaine intonation. L’ensemble L’Arte dell’Arco fait ce qu’il peut avec de tels solistes, c’est-à-dire pas grand-chose.
Dynamic 2 CD CDS 548/1-2 - 2006/07 - 81' - note 4

Rien de rédhibitoire à reprocher à ce récital d’œuvres inspirées par le culte israélite : Ernest Bloch (Schelomo et Prayer), David Diamond (Kaddish), Gerard Schwarz (In memoriam), et Max Bruch (Kol nidrei) — le seul parmi les quatre à ne pas être juif. Jonathan Aasgaard, violoncelliste norvégien à la technique sans faille, joue surtout de sa superbe sonorité pour faire naître l’émotion et parvient immédiatement à ses fins. Son jeu subtil, tout en nuances, aux accents savamment dosés, fait passer pas mal de frissons. Plus prosaïque, moins engagé, Gerard Schwarz, à la tête de l’Orchestre Philharmonique Royal de Liverpool, nous ennuie un peu par sa direction trop raide, trop rectiligne.
Avie AV 2149 - 2005 - 58’ - note 6 Voir plus de détails et acheter

On ne peut qu’encourager les recherches effectuées par certains musicologues pour enrichir le répertoire des instrumentistes et approuver le courage des interprètes de musiciens inconnus, tel Christian Joseph Lidarti (1730-1795), compositeur autrichien d’origine italienne. Certes ses trois Concertos pour violon et son Quatuor ne brillent pas par leur originalité thématique, formelle ou tonale, mais ces quatre œuvres ont le mérite d’être agréables à entendre, ce qui n’est déjà pas si mal. Francesco D’Orazio, dirigeant du violon les Auser Musici, tire crânement son épingle du jeu et parvient, grâce à une interprétation souple et brillante, à retenir l’attention de son auditoire.
Hyperion CDA 67685 - 2007 - 61’ - Nouveauté 1re - note 7 Écouter et télécharger

Dans ces Douze Fantaisies – écrites initialement pour violon solo et transcrites pour alto par l’interprète elle-même –, Georg Philipp Telemann donne la possibilité à l’instrumentiste de paraître improviser à partir de cellules très brièvement exposées. Dans ces pages influencées par les Sonates et Partitas de Bach, la polyphonie n’est pas immédiatement perceptible, mais bien présente. Le grand mérite de Nobuko Imai, parfaite musicienne, est de faire ressortir le caractère propre de chaque Fantaisie : mélodie, rythme, virtuosité, recherche de sonorités presque insolites. En cela sa lecture semble être préférable à celles de ses collègues violonistes qui, peu ou prou, se sont trompés d’époque ou de style, tels Arthur Grumiaux presque romantique (Philips), ou Angèle Dubeau (Analekta) et Kolja Lessing (Capriccio) trop didactiques. Seule Rachel Podger (Channel), sur violon baroque, avait su donner une interprétation à la fois claire et dynamique de ces œuvres.
Pan Classics PC 10199 - 2003 - 69’ - note 8 Voir plus de détails et acheter

Lauréat de nombreux concours de violon, Erik Schumann aurait pu, pour son premier enregistrement, choisir un récital de pièces brèves mettant en valeur sa virtuosité étincelante et sa chaude sonorité. Il a crânement opté pour les deux Sonates pour violon et piano de Prokofiev et bien lui en a pris, car il a su mettre en valeur les caractéristiques de l’écriture du compositeur russe : mystère, féérie, harmonisations hardies, verve rythmique et lyrisme plein de fantaisie. En guise de bis, il nous offre trois transcriptions de Heifetz (Marche de L'Amour des trois oranges et Masque de Romeo et Juliette) et de Fichtenholz (Valse de Cendrillon). Regrettons que ce jeune et prometteur violoniste n’ait trouvé en Henri Sigfridsson qu’un simple pianiste accompagnateur et non un véritable partenaire de musique de chambre.
Avie Music 8553122 - 2007- 65' - note 7

Né un 27 (mars 1927), Mstislav Rostropovitch nous a quittés un 27 (avril 2007). Pour lui rendre hommage, Profil a eu l’idée de faire interpréter 27 œuvres (dédiées au maître ou créées par lui) par trente et un artistes, amis ou élèves, – dont dix-neuf violoncellistes. Citer tous les musiciens et toutes les œuvres étant impossible, nous nous bornerons à mentionner pour chacun des quatre CD, les interprétations les plus intéressantes.
CD 1 : Trois strophes sur le nom de Paul Sacher pour violoncelle seul d’Henri Dutilleux par László Fenyö et Suite n° 2 pour violoncelle seul de Benjamin Britten par Miklós Perenyi.
CD 2 : Sonate pour violoncelle et piano de Benjamin Britten par Natalia Gutman et Vyacheslav Poprugin.
CD 3 : Sonate n° 2 pour violoncelle et piano de Nikolai Miaskovsky par Natalia Gutman et Vyacheslav Poprugin, Sonate op. 119 de Serge Prokofiev par Andreas Brantelid et Pavel Gililov.
CD 4 : Trois méditations de Leonard Bernstein par Gary Hoffman et la Kremerata Baltica, Silent Prayer par Gidon Kremer, Marie-Elisabeth Hecker et la Kremerata Baltica
Profil 4 CD PH 08029 (Hänssler) - 2007 - 4 h 24' - note 8

Charles-Auguste de Bériot (1802-1870) mena une triple carrière de violoniste-concertiste, de compositeur et de professeur. On lui doit dix concertos, onze séries de paraphrases sur des airs d’opéras et une multitude d’œuvres de moindre importance pour son instrument. Les trois Concertos enregistrés sur le présent CD – n° 2 en si mineur, n° 3 en mi mineur et n° 5 en ré majeur – prouvent qu’en tant qu’exécutant Bériot n’avait rien à envier à Paganini sur le plan de la maîtrise violonistique et que, lorsqu’il composait pour son instrument, il possédait de très bonnes connaissances en matière de contrepoint et d’orchestration. Philippe Quint, jeune violoniste russe, confère à ces œuvres – presque uniquement composées pour faire briller l’interprète – un romantisme de bon aloi, tout en se jouant des innombrables difficultés d’exécution. L’Orchestre Symphonique de la Radio Slovaque, dirigé par Kirk Trevor, se contente de donner au soliste la plus discrète des répliques, ce qui est exactement ce que l’on attend de lui dans ce genre d’ouvrages.
Naxos 8570360 - 2006 - 71’ - note 8 Écouter et télécharger

Pour son second CD, Alena Baeva emprunte les chemins aussi escarpés que périlleux des Concertos de Karol Szymanowski (1882-1937). Sa technique instrumentale est impressionnante, et l’on se prend justement à regretter qu’avec une telle maîtrise, la jeune femme n’ait pas jugé utile de faire preuve de plus de liberté et d’audace. Tout est ici merveilleusement exécuté ; toutes les notes sont clairement déclamées et parfaitement en place ; l’archet ne connaît aucun moment de faiblesse. On admire la virtuose ; on aurait voulu applaudir la musicienne. Peut-être trop jeune pour imposer ses vues face à un orchestre, Alena Baeva se contente de réciter sans véritablement interpréter. À sa décharge, il faut dire que le pâle Orchestre symphonique d’Opole, dirigé par Boguslaw Dawidow, ne lui apporte pas un soutien vraiment idéal.
Dux 0575 (Socadisc) - 2007 - 49’ - note 6

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