Wolfgang Amadeus Mozart : Divertimento K.563 - Schubert : Trio à cordes D.471
PAR Antoine Mignon |
LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z |
9 novembre 2011
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Trio Zimmermann, CD CHOC PLAGE 3
Bis SACD1817 (Codæx). 2010. 59'
NOUVEAUTE
La note de Classica : 

COMMUNION DE FIDÈLES
Le Trio Zimmermann fait du "divertissement K.563" de Mozart, un moment partagé de plaisir, de rigueur, d'amusement et de drame.
L'interprétation de Frank Peter Zimmermann, Antoine Tamestit et Christian Poltéra est une réussite totale car c'est l'un des rares enregistrements qui explique et justifie musicalement le titre de "Divertimento" — au-delà des six mouvements — préféré à celui de "Trio". Dans cette œuvre, Mozart se joue au sens propre comme au figuré de l'exigence polyphonique du trio à cordes, ce que l'on retrouve dans le jeu des trois musiciens. Leur technique individuelle reconnue est mise au service du groupe et ils rendent justice à l'écriture fabuleuse du compositeur présentant une panoplie complète des possibilités polyphoniques, avec ses subtilités chromatiques (adagio) et ses inversions de voix (menuetto II). La trame est toujours transparente et limpide, grâce à une égalité parfaite de voix — saluons la partie d'alto magnifiquement défendue. Sans bousculer la rigueur de construction classique, sans coquetterie, ils parviennent à l'épure syntaxique qui laisse place au plaisir de jouer ensemble, comme en témoignent subtilement et efficacement les deux menuetti viennois. Cette alliance de sophistication du jeu instrumental et simplicité de la transmission émotionnelle correspond en tout point à l'œuvre de Mozart. On y retrouve la rigueur, on y retrouve le plaisir ; on y retrouve l'amusement, on y retrouve le drame. À mi-chemin entre l'équilibre élégant du Trio Grumiaux (Philips) et l'impulsion maîtrisée de Kremer-Kashkashian-Ma (Sony), le Trio Zimmermann établit, et certainement pour longtemps, une nouvelle version de référence.
Le Trio de Schubert — excellent choix de complément car proche de l'esprit du divertimento — atteint lui aussi les sommets. Les trois comparses rendent justice non seulement à son classicisme de forme, mais également à sa tension lyrique. Surpassant les Grumiaux (Philips), un rien timorés, ils se placent également en tête de la discographie.
Un grand disque, qui en appelle d'autres (Prélude et Fugues de Mozart, Trios de Beethoven et Schubert, etc.).
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