Être fidèle à la musique |  Aide

Wolfgang Amadeus Mozart
Sérénade pour 13 instruments à vent « Gran Partita » K. 361
Alban Berg
Concerto de chambre pour piano, violon et 13 instruments à vent

PAR Classica | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 10 novembre 2008
Réagir
Classica

Mitsuko Uchida (piano), Christian Tetzlaff (violon), Ensemble Intercontemporain, Pierre Boulez

Decca 4780316 (Universal). 2008. 80'

NOUVEAUTE      

Acoustique s

La note de Classica :






Le concept était alléchant, l'affiche également. Il fallait oser, en effet, réunir sur un même disque des musiques pour 13 instruments à vent de Mozart et Berg — il s'agit d'ailleurs de l'intelligent programme d'une tournée de concerts des mêmes musiciens. Et Boulez dirigeant Mozart, ce n'est pas tous les jours, même si certains se souviennent d'un tristounet Concerto pour piano n° 20 avec Pires en DVD EuroArts, voire, pour les plus anciens, de Concertos pour piano, déjà, avec Loriod pour les disques Vega. Même le Kammerkonzert de Berg était le bienvenu, puisque le précédent enregistrement du chef français chez DG, malgré les efforts de Barenboim et Zukerman, ne permettait guère d'en découvrir les charmes tant l'ensemble instrumental paraissait éclaté et privé de toute continuité.

Ce nouveau disque ne devrait cependant pas rester dans les mémoires, à moins qu'on le retienne comme l'un des plus ratés de Pierre Boulez. On n'attendait pas de sa part, soyons francs, une Gran Partita bouleversante d'émotion, comme celle de l'ensemble de Marlboro (Sony), riche de sonorités fruitées, comme celle de l'ensemble Philidor (Calliope) ou délicieusement viennoise, comme celle d'Harnoncourt (Teldec). Mais, avec la meilleure volonté, on a été incapable de discerner le moindre intérêt dans cette exécution marquée par la sécheresse rythmique de chaque mouvement, la pauvreté des timbres de l'Intercontemporain tels qu'ils nous sont ici restitués, et un parti pris constant, particulièrement ridicule dans le Finale pris à un train d'enfer, de transformer cette musique sensuelle en une mécanique proto-stravinskienne. On ne trouvera même pas ici le côté provocateur d'un Glenn Gould pulvérisant son Mozart — plutôt une extrême distance confinant au mépris.

Du Kammerkonzert de Berg, certainement l'œuvre la plus difficile et la plus abstraite du compositeur, on dira qu'il est ici interprété avec bien plus de continuité et d'homogénéité que dans l'enregistrement DG de Boulez déjà cité. Le piano liquide d'Uchida et l'archet à longue portée de Tetzlaff parviennent en effet à donner comme un liant à cet aride parcours, que l'intransigeance rythmique de Boulez sauve de la dispersion. On pourra peut-être regretter la façon qu'a Boulez de faire claquer les vents comme pour une partition de Varèse, ne laissant ainsi guère de place aux pénombres nostalgiques dont cette page est imprégnée.

 Lire aussi

Moyenne des notes : Notation-onNotation-onNotation-onNotation-onNotation-on

Profil Message

benoit92 il y a 4 mois Notation-onNotation-onNotation-onNotation-onNotation-on

on appréciera dans cette version une prise de son exceptionnelle mettant notamment en relief la partie de contrebasson (une vraie nouveauté dans la discographie de cette oeuvre), interprétée par Yves d'Hau, soliste de l'Orchestre de Paris et spécialiste de cette oeuvre. Cette option voulue par Boulez offre un regard neuf sur cette partition, que n'aurait pas boudé Mozart s'il avait disposé du bon instrumentiste à son époque. Rappelons que l'oeuvre est écrite pour instruments à vent.

benoit92

25 messages

À découvrir autour de l'article

À lire sur Pierre Boulez

À lire sur Wolfgang Amadeus Mozart

À lire sur Decca

À lire dans la rubrique Classique

À lire dans la rubrique Musique de chambre

Fil d'actualités