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Wilhelm Stenhammar
Concertos pour piano et orchestre n°1 et n°2

PAR Michel Fleury | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 2 mars 2010
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Classica

Wilhelm Stenhammar (1871-1927), Seta Tanyel (piano), Orchestre symphonique d'Helsingborg, Andrew Manze

Hyperion CDA67750 (Abeille). 2008. 74'

NOUVEAUTE      

Bon enregistrement : relief, contraste et précision.

La note de Classica :


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Disponible en qualité CD (LossLess)

Monumental (47'), profond, poétique, sérieux, le Concerto n° 1 en si bémol mineur op. 1 révèle un musicien de stature, autodidacte savant formé par un commerce assidu avec les œuvres de Johannes Brahms, même si quelques réminiscences de Frédéric Chopin ou de Camille Saint-Saëns introduisent de loin en loin une salutaire détente. S'y affirme le vigoureux tempérament d'un symphoniste-né. Passant pour détruite au cours des bombardements de 1944 sur l'Allemagne, la partition d'orchestre émergea miraculeusement d'une collection privée américaine en 1990. Elle permet aujourd'hui d'apprécier un coup d'essai qui est aussi un coup de maître de la part d'un jeune homme de 22 ans.

Enchaînant ses quatre mouvements en un seul tenant beaucoup plus concis, le Concerto n° 2 en ré mineur, op. 23 (1907) témoigne d'une double recherche : sur la forme, avec de subtils rappels thématiques donnant l'illusion d'une improvisation libre ; sur le langage, avec l'opposition tonale du piano et de l'orchestre — le soliste finissant par imposer sa loi à l'orchestre au terme d'un conflit riche en rebondissements. L'imbrication labyrinthique des parties et les hardiesses de l'harmonie suggèrent tour à tour Medtner et Reger, Beethoven restant une constante référence.

Au terme d'une longue pratique de Dohnanyi, Seta Tanyel maîtrise parfaitement les exigences de l'écriture brahmsienne (particulièrement redoutables chez Stenhammar en raison d'une étonnante largeur de main). Elle y ajoute une preste vélocité bienvenue dans les sections plus aériennes et un sens très lyrique du portamento : à la fois classique et romantique, sa version s'impose comme une référence.

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