Thomas D. A. Tellefsen (1823-1874), Malgorzata Jaworska, Joanna Lawrynowicz*, Krystyna Makowska* (piano)
Acte Préalable 4 CD APO9987 (Codæx). 1999-2007. 4 h 24'
NOUVEAUTE STEREO 
Prise de son proche du piano et un peu sèche.

L’histoire de la musique est impitoyable avec ceux qu’elle considère comme des compositeurs mineurs. Et Thomas D. À Tellefsen en fait partie, sa musique n’ayant pas survécu à sa mort. Élève et ami de Chopin, le compositeur norvégien était pourtant un virtuose connu et un pédagogue très apprécié de la haute société parisienne. Il laisse un héritage pianistique conséquent, interprété ici en grande partie par la pianiste polonaise Malgorzata Jaworska.
La qualité de son écriture, proche de la tradition classique, est remarquable. Ses harmonies sont précises et admirablement bien ciselées. Ses mélodies se répondent dans la plus belle tradition mozartienne, autour de formes ABA ou sonate. Mais voilà, Thomas Tellefsen n’a rien proposé de nouveau — ou si peu. Alors que Chopin et Liszt ont révolutionné la virtuosité pianistique, Tellefsen imite (Grande Polonaise op. 18, Thème original et fantaisies op. 12 lisztien à souhait). Alors que Schumann a transcrit sa folie sur papier, Tellefsen développe une musique néoclassique, quelque peu prévisible (Feuillets d’Album, op. 16). En proposant enfin des genres que Chopin a portés à la perfection (Mazurkas, Nocturnes, Ballade etc.), Tellefsen impose à sa musique une comparaison inévitable — et sans appel. Mais n’oublions pas l’essentiel : la musique du compositeur norvégien est digne d’intérêt car la science harmonique y est solide et subtile, tout à fait représentative d’une musique épigonale postclassique de qualité (Sonate op. 13).
Et les quelques joyaux (Mazurka n° 6 de l’op. 14 ou l’Élégie, op. 7 par exemple), sous les doigts sûrs et "dans le piano" de Malgorzata Jaworska, en sont la preuve bien vivante.
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