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Sofia Gubaidulina
Invention - Chaconne - Musical Toys - Concerto pour piano et orchestre de chambre "Introitus"

PAR Stéphane Friédérich | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 2 février 2010
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Classica

Sofia Gubaidulina (née en 1931), Claire-Marie Le Guay (piano), Orchestre de chambre de Lausanne, Jean-Jacques Kantorow

Accord 4803153 (Universal). 2004, 2005. 51'

NOUVEAUTE      

Superbe présence d'un piano aux timbres charnus.

La note de Classica :






Gubaidulina ou le goût des contraires

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Disponible en qualité CD (LossLess)

La pianiste Claire-Marie Le Gay restitue le silence et l'exubérance, le sarcasme et la sensualité de la musique de Gubaidulina.

L'œuvre de Sofia Gubaidulina possède une sensualité qui lui est propre jusque dans les pièces d'une clarté polyphonique classique rigoureuse (Invention et Chaconne). Mais, il y a aussi dans ces pages austères une forme de tendresse, de mansuétude dont Claire-Marie Le Guay se fait une interprète particulièrement inspirée. L'humour, le sarcasme — lointains échos de Prokofiev — s'expriment dans le "tricot" sonore (pardon pour ce terme pouvant passer pour de la misogynie) du final de la Chaconne. Plutôt que la Sonate pour piano ou la Toccata-Troncata, elle choisit d'interpréter un portrait (titre générique du disque) qui multiplie les sources d'observation sur l'œuvre. À l'exubérance romantique et quasi symphonique de la Chaconne succède le minimalisme des 14 pièces des Musical Toys. L'étude sur les résonances et les timbres, mais aussi la poésie du silence n'ont pas d'interprète plus convaincante. Le goût de la matière sonore est présent dans chaque note pour exprimer le maximum d'effets, d'émotions. Le simulacre de sonorités archaïques produit par les vents dans Introitus surpasse en imaginaire la lecture de Rauchs et Kozhukhar (Bis).

L'Orchestre de chambre de Lausanne accompagne ou plus exactement encadre les résonances graves du piano en une succession de monologues tragiques. Dans le livret de présentation, Claude Samuel suggère qu'il s'agit de "la confrontation entre la souffrance humaine et l'effort spirituel". Avec une interprétation aussi charnelle et provocante qu'une gifle ou une caresse, on peut douter de la place d'une quelconque préoccupation spirituelle. Un disque qui restera majeur pour longtemps dans la discographie de Sofia Gubaidulina.

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