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Robert Schumann Trios avec piano n°1 à n°3 - Fantasiestücke, op.88 - 6 pièces en forme de canon

PAR Antoine Mignon | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 4 août 2010
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Classica

Robert Schumann (1810-1856), Gordan Nikolitch (violon), Paul Meyer (clarinette), Christophe Coin (violoncelle), Éric Le Sage (piano)

Alpha 2 CD 158 (Harmonia Mundi). 2009. 2 h 03'

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La note de Classica :

 

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Disponible en qualité CD (LossLess)

Le sentiment schumannien inné d'Éric Le Sage fait encore une fois mouche dans ce volume consacré aux Trios avec piano. En fins schumanniens, les trois artistes nous proposent de véritables Bunte Blätter comme en témoigne le fameux "am Steg" du premier mouvement de l'Opus 63. Ainsi, cette lecture est-elle aussi transparente qu'idiomatique, car la tempérance dont ils font preuve est toujours animée d'une certaine fantaisie, réfléchie, qui permet aux musiciens de prendre le temps de s'égarer dans les brumes du Nord.

Comme dans le précédent volume, on pourrait reprocher au pianiste — qui bénéficie d'un magnifique Steinway coloré et velouté — une certaine retenue. Mais derrière une approche éminemment chambriste et homogène se dessinent des rôles assez clairement déterminés : au piano de diriger, sans ostentation, l'édifice sonore ; au violoncelle d'assurer l'assise polyphonique ; au violon de dynamiser de sa fantaisie et de sa sonorité le discours schumannien. Et cela fonctionne plutôt bien, notamment dans le difficile Trio op. 110, très proche des Sonates pour violon que Nikolitch et Le Sage avaient particulièrement réussies. Cette symbiose entre liberté de ton et rigueur de construction en fait le principal succès de ce volume et permet également aux artistes d'en proposer la version de référence, tout comme celle des Fantasiestücke, op. 88, pièces de caractères édifiées en trio. Plus anecdotique, l'Opus 56 permet de retrouver le timbre suave de Paul Meyer ; le violon florestanien de Nikolitch aurait très bien fait l'affaire...

Cette nouvelle intégrale des trios se place donc très haut dans la discographie, en compagnie du Beaux-Arts Trio (Philips) dans leur première version. Ne manquent qu'un brin de folie supplémentaire, quelques prises de risque, celles-là même qui ont fait les versions de références de l'Opus 63 — Horszowski/Schneider/Casals (Sony), Rubinstein/ Szeryng/Fournier (RCA).

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