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Robert Fuchs Sérénades n°1 & n°2 - Andante grazioso et Capriccio, op.63

PAR Stéphane Friédérich | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 23 mai 2011
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Classica

Robert Fuchs (1847-1927), Orchestre de chambre de Cologne, Christian Ludwig

Naxos 8572222 (Abeille). 2008, 2009. 53'CD CHOC PLAGE 9

NOUVEAUTE      

La note de Classica :

LA BELLE DÉCOUVERTE DU MOIS

Le pédagogue Robert Fuchs, compositeur jugé trop conventionnel, est surprenant avec ses "sérénades" pleines de charme.

Deux opéras, cinq symphonies, une importante musique de chambre ne sont qu'une partie du catalogue du compositeur viennois Robert Fuchs. Il faut ajouter des pièces pour le piano ainsi qu'une série de sérénades. Avouons-le : la musique de Robert Fuchs n'a jamais vraiment passionné ses contemporains. Ses élèves lui reconnurent un talent exclusivement de pédagogue : Enesco, Korngold, Mahler, Schmidt, Sibelius, Schreker, Wolf, Zemlinsky... Jusqu'à présent, la parution pour divers labels de nombreuses pièces du compositeur n'avait pas provoqué la ruée. L'écriture conventionnelle, académique de Fuchs en fait l'un des héritiers assez ternes de Beethoven et de Brahms et le célèbre critique Edouard Hanslick utilisa la notoriété du musicien afin de promouvoir son anti-wagnérisme viscéral.

Quel choc de découvrir ces trois partitions pour orchestre à cordes ! On s'attendait à entendre les flons-flons d'un orchestre de kiosque de ville d'eau... La surprise est de taille dès la Sérénade n° 1 qui brille magnifiquement. L'intonation des cordes de Cologne est parfaite, la ligne mélodique et le développement astucieux. Les mélodies charmantes ont cette saveur des symphonies pour cordes de Mendelssohn, de la sérénade de Tchaïkovski. Plus symphonique encore, la Sérénade n° 2 est d'un esprit "Mitteleuropa" avec des réminiscences de danses (Dvorák ?), mais aussi de marches austro-hongroises. Enfin, l'Andante grazioso et Capriccio (1900) se révèle plus proche du post-romantisme néo brahmsien du jeune Schoenberg que de la sérénade des années 1850.

Les cordes placées sous la direction de Christian Ludwig traduisent avec justesse la variété des atmosphères, l'élan de ces pages sans prétention mais particulièrement agréables. Une belle découverte.

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