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Richard Strauss
Lieder (vol. 4)

PAR Dominique Joucken | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 25 mai 2009
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Classica

Richard Strauss (1864-1949), Christopher Maltman (baryton), Alastair Miles (basse), Roger Vignoles (piano)

Hyperion CDA67667 (Abeille). 2008. 60'

NOUVEAUTE      

Esthétique Hyperion, feutrée et cossue, idéale pour ce répertoire.

La note de Classica :


Les lieder avec piano de Richard Strauss sont mal connus. Ce sont pourtant des œuvres intéressantes, qui permettent de découvrir la modernité du compositeur à nu, sans les sortilèges orchestraux dont il a tendance à abuser dans ses opus plus célèbres. En virtuose consommé, Strauss joue avec l'oreille des auditeurs d'une façon qui surprendra ses détracteurs. Tantôt il caresse, tantôt il fouette. Lied an meinen Sohn est typique de ce procédé : l'œuvre commence de façon très dure, avec une ligne vocale brisée et un accompagnement incertain, elle passe ensuite par un cheminement tortueux pour déboucher sur une conclusion exaltante pleine d'accords parfaits. Même caractère hybride dans Der Arbeitsmann, qui semble mélanger Franz Schubert et Hugo Wolf. Dans ses lieder plus tardifs, Strauss donne l'impression de s'assagir, mais l'inspiration reste de haut niveau.

L'interprétation proposée par le label Hyperion pour ce volume 4 de son intégrale est satisfaisante. Chargé des œuvres les plus difficiles, Christopher Maltman est un chanteur doué et habile. Sa voix séduisante est cependant entachée d'un vibrato un peu trop prononcé, ce qui est parfois gênant dans les lieder de caractère lyrique, où l'artiste doit tenir la note plus longtemps (Am Ufer, par exemple). Il n'y a cependant là rien d'indigne. Dans les œuvres tardives, Alastair Miles est parfait de noblesse et d'onctuosité.

Mais l'âme de cet enregistrement, c'est le pianiste Roger Vignoles, véritablement passionné par ce qu'il joue et qui nous livre un accompagnement magistral, plein de fougue et de fantaisie. Il signe en outre une notice d'introduction qui est un modèle du genre.

Ce CD vient donc prendre place au premier rang dans la discographie récente des lieder de Richard Strauss. Dans cette catégorie, et pour les amateurs, les enregistrements de Sophie Koch (Cascavelle) et de Jonas Kaufmann (Harmonia Mundi) sont également à connaître.

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