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Piotr Iliytch Tchaïkovski Concertos pour piano n°1 à n°3 - Fantaisie de concert op.56 - Deux mélodies (transcr. Hough) - Mouvement lent du Concerto n°2 (transcr. pour trio Siloti/Hough)

PAR Michel Fleury | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 11 août 2010
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Classica

Piotr Iliytch Tchaïkovski (1840-1893), Stephen Hough (piano), Orchestre du Minnesota, Osmo Vänskä

Hyperion 2 CD CDA677112 (Abeille). 2009. 2 h 21'

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La note de Classica :


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Disponible en qualité CD (LossLess)

Pour fêter son 50e volume, la collection "Concerto pour piano romantique" d'Hyperion nous propose l'intégrale des concertos du plus romantique des romantiques.

Les possibilités techniques de Stephen Hough sont illimitées, sa virtuosité époustouflante : il les domine parfaitement et recherche en toute chose le juste équilibre. Qu'il déteste l'étalage sentimental, son approche extrêmement personnelle de Tchaïkovski en apporte une preuve supplémentaire. L'esprit de son interprétation est apollonien : il travaille sur la construction et l'architecture, et fait ressentir presque visuellement la perfection formelle de ces édifices. Avec lui, le maître russe procède directement de Beethoven, avec l'accent mis sur la jubilation rythmique, une certaine distanciation et la recherche de l'unité de l'œuvre par la mise en relief des parentés et des échos thématiques d'un mouvement à l'autre. L'ouverture du célébrissime Opus 23 a valeur de signature pour Stephen Hough : grande mais non grandiose, impressionnante mais non spectaculaire, théâtrale, mais sans emphase. Il garde une ligne classique là où les autres s'épuisent en gesticulations romanesques, mais en contrepartie "romantise" des sections d'ordinaire purement virtuoses et mécaniques.

Dans le Concerto n° 2, on est parfois saisi de vertige devant l'accélération du tempo : cette allure s'intègre à un projet esthétique délibéré, plus spirituel que physique, tendant à révéler "l'âme de la musique" par l'intuition plus que par la démonstration. Hough le mystique "dématérialise" le son dans ses étourdissants accès (et non excès) de vitesse, sa quête d'absolu rejoint alors les courses vertigineuses d'un Schumann. Relevons cependant parfois de surprenantes fautes de texte : le troisième thème du premier mouvement (n° 2) abusivement accéléré par l'orchestre ; le second thème du n° 3 répudiant tout lyrisme pour un énoncé sec et scolaire. L'originalité, même non gratuite, a sa rançon.

Il reste que Stephen Hough et son complice Osmo Vänskä ont relevé avec panache le défi d'un nouvel enregistrement de pages pour certaines galvaudées et rebattues.

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