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Paul Hindemith L'œuvre pour alto (vol.2) : Sonates pour alto seul, op.11/5, op.25/1, op.31/4 - Sonate (1937)

PAR Antoine Mignon | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 29 juillet 2010
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Classica

Paul Hindemith (1895-1963), Lawrence Power (alto)

Hyperion CDA67769 (Abeille). 2009. 64'

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La note de Classica :

 


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Disponible en qualité CD (LossLess)

Après de très belles sonates pour violon et piano, Lawrence Power poursuit son exploration de l'œuvre pour alto de Hindemith avec succès. Ce qui est particulièrement pertinent dans son interprétation des Sonates pour alto seul, c'est sa capacité à assumer parfaitement les différents rôles mélodique, contrapuntique et harmonique avec une habileté confondante, sans jamais perdre l'essentiel du discours qu'il conçoit de façon extrêmement narrative. La grande lisibilité mélodique et polyphonique de ses interprétations s'explique par le souci de la grande forme, de l'architecture des mouvements, maîtrisée grâce une vision à grande échelle de la ligne musicale. Ce jeu apparemment simple et efficace lui permet d'appréhender aussi facilement les différentes esthétiques des quatre sonates, que ce soit dans l'héritage de l'Opus 11 n° 5, en ligne directe avec les œuvres pour instrument seul de Johann Sebastian Bach, ou dans l'âpreté de l'Opus 31 n° 4 témoignant de l'hébétude de la pensée artistique post-Première Guerre mondiale. De ces quatre œuvres transparaît, au-delà de leur esthétique propre, une formidable poésie moderne, très dessinée et en même temps très libre de ton, au sentiment quasi improvisé par moments.

La très belle sonorité ronde et pleine de Lawrence Power, à l'archet ferme et léger, jamais rugueuse et au vibrato très naturel, fait merveille, sonorité qu'il ne sacrifie jamais à l'autel de la virtuosité, irréprochable comme dans le Rasendes Zeitmass de l'Opus 25 n° 1, mais jamais ostentatoire. En résulte un voyage musical unitaire à l'élégance rare qui replace Paul Hindemith dans la tradition de l'œuvre pour instrument seul tout en en assumant la modernité de langage.

L'équilibre trouvé par l'altiste Lawrence Power, moins impulsif que l'étonnante Nobuko Imai (Bis), est tout simplement parfait. Paul Hindemith gagne beaucoup à être fréquenté par de tels talents.

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