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Olivier Greif Concerto pour violoncelle "Durch Adams Fall" - Sonate de Requiem pour violoncelle et piano

PAR Bertrand Dermoncourt | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 7 mai 2010
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Classica

Olivier Greif (1950-2000), Henri Demarquette (violoncelle), Giovanni Bellucci (piano), Orchestre national de France, Jean-Claude Casadesus

Accord 100401 (Universal). 2009. 58'

NOUVEAUTE_PREMIERE      

La note de Classica :







Un concerto pour le XXIe siècle

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(Disponible en LossLess)

Cela fait dix ans déjà que Olivier Greif nous a quittés. Un album célèbre l'œuvre unique d'un oublié de la musique contemporaine.

Une inlassable quête de rédemption, un besoin inconsolable d'éternité et des élans tragiquement brisés : ce disque illustre avec force les obsessions contenues dans les dernières musiques d'Olivier Greif. Disparu en 2000 à l'âge de 50 ans seulement, il occupe désormais une place à part, mais essentielle, parmi les créateurs contemporains. On sait qu'après une première période vouée à l'écriture, puis une longue retraite spirituelle, ce compositeur hors du commun était revenu à son art quelques années avant de disparaître. Entre 1991 et 2000, Greif a ainsi jeté sur le papier une cinquantaine d'œuvres formant l'un des corpus les plus originaux de notre temps. Tandis que de trop nombreux musiciens se complaisent dans le ressassement de formules abstraites sans valeur sensible, l'auteur des Chants de l'âme, influencé en cela par Britten et Chostakovitch, ses deux grands devanciers, a trouvé les clés d'une expression directe, et bouleversante. Comme l'a justement écrit Jean-François Zygel, "la musique d'Olivier Greif nous traverse, nous épuise et nous élève sans que l'on sache toujours d'où elle tire cette force et pourquoi elle nous hante, parfois très longtemps après qu'on l'ait entendue." Le flux intense des idées, où se juxtaposent les techniques et les atmosphères les plus diverses, de l'incandescence des cris de révolte à la sérénité des contemplations, irrigue cette musique qui trahit sans cesse une étrange familiarité avec la mort.

Ainsi, dans la Sonate de Requiem, les trois mouvements envisagent de l'exprimer sous trois aspects, d'abord la perte, puis en tant que voyage et enfin sous forme de méditation. À cela correspondent trois "thèmes-personnages" auxquels s'ajoutent de nombreux motifs, mélodies, citations, collages, qui sont, selon le compositeur, "autant d'apparitions, de visions, d'hallucinations, d'échos oniriques, de réminiscences du monde humain".

Il s'agit déjà du troisième enregistrement, après celui des créateurs (Triton) et du duo Bertrand-Amoyel (HM) de cette œuvre inspirée. Henri Demarquette s'est emparé de la partition avec passion. Il est également le soliste du Concerto pour violoncelle, qu'il a créé en 1999 et qui lui est dédié. Par son incroyable invention, cette partition s'impose parmi les grands "classiques" d'Olivier Greif, au même titre que sa Symphonie, son Trio et ses mélodies. Le choral de Luther ("Par la chute d'Adam toute chose a été corrompue") a donné le titre et le ton du Concerto. Il illustre la "lente remontée de l'homme vers la lumière", une recherche du salut dont Demarquette et Casadesus transcrivent tous les vertiges.

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