Nicolò Paganini
24 Caprices pour violon seul op.1

Classica Répertoire

Par Sylvain Gasser | CLASSICA | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 2 février 2010
 

Nicolò Paganini (1782-1840), James Ehnes (violon)

Onyx 4044 (Abeille). 2009. 78'

NOUVEAUTE     STEREO

Superbe : un violon dans toute sa splendeur.

La note de Classica :








"Caprices" de star 
 
Ce n’est pas une suite d’acrobaties violonistiques que nous livre James Ehnes. Sous ses doigts, chaque "caprice" est un moment unique de musicalité.


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Disponible en qualité CD (LossLess)


À 19 ans, James Ehnes, violoniste canadien, créait la surprise en enregistrant les Caprices de Paganini (Telarc), vision hallucinante qui remettait en cause les références jusqu’alors établies. On criait au génie, on voyait en lui le "nouveau Jascha Heifetz". Les enregistrements qui ont suivi, dans des petits labels pas toujours bien distribués en France, ont confirmé ces vivats, particulièrement les Sonates pour violon et clavecin de Bach (Analekta), les Concertos de Korngold, Barber et Walton (Onyx) ou un récital de miniatures virtuoses, "Homage" (Onyx).

Quatorze ans plus tard, James Ehnes décide de reprendre les Caprices. Il n’est pas le premier à agir ainsi, à l’instar de Zehetmair (Teldec, ECM), dont la récente lecture a provoqué un beau débat (Lire la critique). Un tel débat n’aura pas lieu ici. En effet, c’est une version de grande maturité qu’il est donné d’entendre, non pas que le jeune violoniste en ait manqué jadis, mais il a voulu, par cette reprise, témoigner de la maîtrise technique parfaite de son art et de l’aspect musical des Caprices. Sans chercher la moindre originalité, James Ehnes s’en tient à la plus stricte musicalité. L’aisance et la personnalité dominent ici. Sous ses doigts, rien ne traduit la difficulté technique, tout respire l’évidence, à l’image du Caprice n° 5, avec ses tortueux ricochets, ou encore le Caprice n° 21 avec ses redoutables sixtes. Le mystérieux Caprice n° 6, plus faible dans la première version, trouve ici un ton accompli, vision nocturne qui saisit d’emblée. La technique de l’archet est parfaite : avec une grande économie de moyens mais un appui constant, le violoniste obtient une sonorité dense qui lui permet d’enchaîner les pirouettes les plus diaboliques. On se demande comment il fait (cf. Caprice n° 12)... James Ehnes a travaillé sur les manuscrits originaux, mais n’en fait pas un absolu. En effet, le musicologue achoppe vite sur les méandres des sources historiques et des annotations successives qui y figurent. L’essentiel est remis entre les mains du violoniste, et cela seul compte. Une telle performance manifeste la sagesse de l’interprète, son intelligence musicale.

Comment se fait-il qu’un tel violoniste au talent phénoménal se produise si peu en France et qu’il soit si peu médiatisé, les grandes compagnies préférant mettre en avant de jeunes interprètes bien moins doués ? Que cet enregistrement répare au plus vite cette injustice !

 

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