Analekta AN28762 (Codæx). 2009. 51'
NOUVEAUTE STEREO 
Son mat et équilibré, parfois parasité par des bruits d'ambiance.

Pour son premier disque, la jeune pianiste arménienne Nareh Arghamanyan propose deux pièces majeures du répertoire pianistique. En s’attaquant à la Deuxième Sonate de Rachmaninov dans sa version de 1931, la lauréate du concours musical international de Montréal 2008 dévoile un piano habité et fougueux. Moins libre et limpide qu’Horowitz (RCA), elle déploie malgré tout une énergie convaincante sur l’Allegro agitato et n’aurait presque rien à envier à Hélène Grimaud (DG) dans son engagement. Même si elle a légèrement tendance à voiler son discours par une pédale trop présente, son jeu reste sérieux et appliqué, souvent gracieux dans les aigus. Le second mouvement Non allegro baigne dans un tempo judicieusement choisi, aux couleurs soyeuses, tandis que le tourbillon final de l’Allegro molto est savamment dosé, sans effet de virtuosité inutile.
Envisager à vingt ans la Sonate en si mineur de Franz Liszt est en soi courageux. Aldo Ciccolini conseillait de « méditer ce monument des années avant de s’y attaquer ». Pourtant, la pianiste arménienne déroule avec aisance une œuvre d’un seul tenant, sombre et difficile. Les qualités entrevues dans la Sonate de Rachmaninov se confirment : une technique solide pour une belle digitalité. Elle n’ose pas encore prendre trop de liberté par rapport au texte et souffre parfois de timidité, mais l’ombre de Krystian Zimerman (DG) ou de Martha Argerich (DG) n’est jamais bien loin.
Bref, une vraie découverte et une toute jeune pianiste à suivre de (très) près.
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