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Maurice Ravel
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PAR Sylvain Fort | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 28 septembre 2009
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Classica

Maurice Ravel (1875-1937), Gerald Finley (baryton), Julius Drake (piano)

Hyperion CDA67728 (Abeille). 2008. 73'

NOUVEAUTE      

Prise de son étouffée.

La note de Classica :



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(Disponible en LossLess)

Au premier abord, ce disque est difficile à comprendre. Tout y est bien fait, bien dit, musicalement et même artistiquement — Julius Drake et Gerald Finley n'ont rien à démontrer dans ce domaine —, et le programme, cela va de soi, est simplement magnifique. Alors quoi ? Hé bien, tout est lisse, et même lissé. À aucun moment les ambiguïtés de Ravel n'apparaissent, qui sont entre une complexité musicale certaine et une dimension familière, incarnée, voire franchement pédestre. Aucune de ces aspérités n'est audible. Une bienséance de tous les instants éteint toute intention interprétative. Même les Chants populaires sont gourmés et les Don Quichotte sont moins sérénades que berceuses.

Deux éléments sont à incriminer. D'abord une maîtrise du français qui se limite à une diction sans reproche (pour les autres langues, nous ne saurions que déduire un défaut similaire), sans entrer jamais dans ce qu'une intimité réelle permettrait de nuances, de clins d'œil, d'accents, et même d'accroches, comme un Bacquier ou un Jean-Christophe Benoît le faisaient si bien — sans chercher jamais la classe et le raffinement un rien gommeux de Gerald Finley. Il existe dans les mélodies de Maurice Ravel, si exigeantes fussent-elles musicalement, un enracinement explicite dans la chanson populaire, un attachement aux traditions, une sensibilité linguistique enfin qui vont au-delà du bien-dire et qui sont dans la suggestion au moins autant que dans l'élocution.

Autre élément, une prise de son où tout semble confit et assourdi. De tout cela naît un ennui poli, une grisaille qui, sans déplaire absolument, ne convainc jamais. Ajoutons de légères discordances entre un pianiste souvent très exposé, lui, par la prise de son et par sa nature engagée, voire ferrailleuse, et un baryton par nature plus effacé, et nous aurons le portrait complet d'un disque ayant tous les traits d'une occasion manquée.

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