Louise Bertin
La Esmeralda
Louise Bertin (1805-1877), Maya Boog (Esmeralda), Manuel Nuñez Camelino (Phoebus), Francesco Ellero d'Artegna (Frollo), Frédéric Antoun (Quasimodo), Yves Saelens (Clopin), Eugénie Danglade (Fleur de lys), Eric Huchet (Vicomte de Gif), Marie-France Gascard (Aloïse de Gondelaurier), Evgueniy Alexeiev (Monsieur de Morlaix), Marc Mazuir (Monsieur de Chevreuse)... Choeur de la Radio lettone, Orchestre national de Montpellier Languedoc-Roussillon, Lawrence Foster
Accord 2 CD 4802341 (Universal). 2008. 2 h 08'
NOUVEAUTE
Prise de son soignée. Bon équilibre voix/orchestre.

En 1836, Louise Bertin ose à l'Opéra une Esmeralda, d'après Notre-Dame de Paris. Victor Hugo a consenti à en écrire le livret. L'ouvrage fut éreinté par la critique — qui, à travers la compositrice, visait aussi son père, fondateur du Journal des débats — et tombait au bout de quelques représentations. Il sera ressuscité dans une version chant-piano, transcrite par Franz Liszt lui-même, à l'Opéra de Besançon au printemps 2002, puis remonté en 2008, cette fois dans la version intégrale avec orchestre, au festival de Radio France et de Montpellier.
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À l'écoute de cet ouvrage, on est frappé tout à la fois par l'originalité de l'écriture, par la force dramatique de cette musique et par le don de la compositrice de faire se côtoyer le grotesque et le sublime, à l'instar de Victor Hugo. Le personnage de Quasimodo est particulièrement bien dessiné et son « Air des cloches » sera le seul passage de la partition à remporter un franc succès à la création. De là à estimer que Louise Bertin, paralysée depuis l'âge de 14 ans, s'était identifiée à son personnage...
Dans le rôle-titre, Maya Boog prend de l'assurance au fil de la représentation et finit par dessiner un portrait crédible d'Esmeralda. Le tout jeune ténor Manuel Nuñez Camelino a une jolie voix bien légère pour incarner Phoebus, mais la ligne de chant est soignée et l'aigu assuré. Dans le rôle de Quasimodo, ici bien réduit par rapport au roman, le jeune ténor Frédéric Antoun s'impose dans le fameux « Air des cloches ». La déception vient de la basse Francesco Ellero d'Artegna, Frollo à la diction confuse et l'émission engorgée. Le Chœur de la Radio lettone tient au mieux sa partie tout comme l'Orchestre national de Montpellier, mis dans les mains expertes de Lawrence Foster.
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