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Les "Poissons d'or"

De la trompette surnaturelle de Jacques Coursil au ukulélé revigorant ambiance Tahiti douche, en passant par la musique électronique et improvisée de Carol Robinson.

PAR Franck Mallet | LES POISSONS D'OR | 13 avril 2010
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Classica

On a connu Jacques Coursil (photo) aux côtés d'Alan Silva, de Sunny Murray, de Marion Brown ou de Frank Wright... mais aussi en spécialiste de linguistique, avec La fonction muette du langage (Ibis Rouge, 2002). Le nouvel opus musical du trompettiste se veut un écho au "Sentier de larmes" ("Trails of Tears"), chemin de croix de 153 jours des Indiens Cherokee déportés de leur Géorgie natale vers l'Oklahoma, en 1858. Si les deux parties free-jazz de cette Passion conçue en sept stations sont d'une écriture un peu convenue, malgré l'imagination débridée du piano de Bobby Few, il faut en revanche apprécier les cinq autres volets avec l'ensemble Cadences Libres, dont le guitariste et claviers Jeff Ballard, enregistrés en Martinique. Le jeu du trompettiste, comme une parole moite et obsessionnelle, prend ici une dimension surnaturelle que rien ne désarme, ni les roulements de la percussion, ni les arabesques de la contrebasse, ou les trames vaporeuses du synthé.

Trails of Tears - Emarcy 060075324129 - Universal - 40' - ★★★★
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Venue du Dakota du Sud, passée par la Californie, Carol Robinson s'est intéressée au répertoire contemporain en s'installant à Paris, au moment de la création de l'Ircam. Elle est devenue une interprète privilégiée du XXe siècle, en particulier des œuvres de Giacinto Scelsi, chez qui elle a appris à : "toucher aux frontières, atteindre ce que l'on ne comprend pas exactement, ce que l'on ne codifie pas clairement." Partie de la musique improvisée et du traitement électronique, elle fait mouche avec son nouvel album Billows, où le souffle de l'instrument, tamisé et transformé, devient une onde fantasmagorique qui murmure autant qu'elle emporte. Sobrement extraordinaire.

Billows - Plush 13 - 46' - ★★★★


Vous reprendrez bien un peu de ukulélé ? Bien sûr, d'autant que Frémaux a eu la bonne idée de rééditer l'album Manuia ! enregistré par les zazous du Ukulélé Club de Paris pour Emarcy, en 2002. Chansons douces, rythmes revigorant et ambiance Tahiti douche 100 % Frenchy qui n'est pas sans rappeler le regretté britannique Penguin Cafe Orchestra. Merci Cyril Lefebvre, Joseph Racaille, Dominique Cravic, Tony Truant...

Manuia ! - Frémaux & Associés FA 515 - Socadisc - 46' - ★★★★


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