Krzysztof Penderecki Concerto pour alto - Concerto pour violoncelle n° 2
Krzysztof Penderecki (né en 1933), Grigori Zhislin (alto), Tatjana Vassiljeva (violoncelle), Warsaw Philharmonic Orchestra, Antoni Wit
Naxos 8572211 (Abeille). 2008. 57'
NOUVEAUTE

Le couplage de ces deux concertos composés à la suite l'un de l'autre (en 1982-1983) est désormais un classique du disque. En 1984, Polskie Nagrania enregistrait les œuvres avec l'Orchestre de la radio polonaise sous la direction de... Antoni Wit, déjà. Depuis, une dizaine de nouvelles versions sont venues témoigner de leur passage dans le répertoire courant. Parmi elles on retiendra, dans le Concerto pour violoncelle, les prestations du dédicataire Rostropovitch (Erato), de Pergamenschikov (Orfeo) ou de Noras (Finlandia), les trois sous la direction du compositeur, versions auxquelles on ajoutera celle de Thedéen et Segerstam chez Bis.
Dans le Concerto pour alto, une partition dont il existe aussi des transpositions pour violoncelle et clarinette, Tabea Zimmermann (Wergo) fait figure de référence. Il faudra désormais compter sur ce nouveau volume de l'excellente intégrale Penderecki d'Antoni Wit chez Naxos. Les solistes — surtout Vassiljeva — font au moins jeu égal avec leurs devanciers, mais c'est finalement la direction qui subjugue dans ce disque. Alors que le compositeur a parfois tendance à alourdir la pâte sonore dans ses propres enregistrements, et du coup à tirer sa musique vers le post-romantisme, Wit offre une vision syncrétique absolument saisissante.
On perçoit combien le Concerto pour violoncelle n° 2, l'un des chefs-d'œuvre du genre de Penderecki avec le Concerto pour piano et le Premier Concerto pour violon, synthétise les acquis de la période sonoriste du compositeur (celle de Thrène et de la Passion selon Saint Luc) pour les fondre dans un langage plus traditionnel et encore plus expressif. D'une invention constante, avec ce sens de l'éclat sonore, du pathos et des climats propres au Polonais, la partition s'impose comme un classique sous la baguette de Wit.
Plus proche de Chostakovitch, le Concerto pour alto est moins original. Il fonctionne autour de petites cellules proliférantes, où le chant de l'alto alterne confrontation et fusion avec l'orchestre. Sa noirceur sans échappatoire est non moins frappante. Un grand disque de musique contemporaine.
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