Joseph Haydn
Les 12 Symphonies "Londoniennes"
Joseph Haydn (1732-1809), Orchestre symphonique SWR de la Radio de Stuttgart, Roger Norrington
Hänssler Classics 4 CD 93252 (Intégral). 2009. 4 h 57'
NOUVEAUTE
Aigus agressifs. Présence naturelle. Définition correcte.

Disponible en qualité CD (LossLess)
Entre 1791 et 1795, Joseph Haydn réalisa deux voyages en Angleterre. Après la disparition de son dernier mécène, le prince Nicolas Esterhazy et grâce au violoniste et entrepreneur de concerts Johann Peter Salomon, il composa un cycle de symphonies (n° 93 à 104), considérées comme le lien entre le classicisme et le préromantisme beethovénien.
Depuis 12 ans, le chef anglais a travaillé le son de l'orchestre dans le but louable d'interpréter le répertoire classique (et jusqu'au postromantisme de Bruckner) dans ce qu'il estime être le véritable style. La concentration de l'orchestre, son aptitude à jouer notamment sans rubato et avec les accents et la respiration que l'on connaît chez les ensembles baroques sont une indéniable réussite. Pourtant, au fil de l'écoute, on s'aperçoit qu'il manque de plus en plus de choses sinon l'essentiel. Tout d'abord, le phrasé est engoncé dans un rythme nécessairement soutenu puisque le legato est réduit au minimum. Ensuite, les nuances sont amputées de la plupart des niveaux dynamiques intermédiaires. Enfin, plus on avance vers les symphonies tardives, plus la grandeur musicale de l'écriture de Haydn s'estompe. La profondeur, la tendresse et plus encore l'humour des andantes et des menuets passent à la moulinette de petites formules rythmiques. Préserver coûte que coûte l'esprit des danses baroques dans les élégants menuets plus proches des scherzos beethovéniens est, d'une certaine manière, une forme de régression. Que dire par exemple des andantes des Symphonies n° 101 et n° 104 ? Norrington fait pétiller son orchestre en oubliant la grandeur et l'émotion.
Charles Mackerras (Telarc) et Nikolaus Harnoncourt (Warner) nous ont montré ce qu'on pouvait obtenir avec des ensembles modernes. Quant à Leonard Bernstein (Sony / Symphonies 93-99, Symphonies 100-104), Thomas Beecham (EMI), Eugen Jochum (DG), on pourra toujours soutenir qu'ils ne sont plus dans le style. Mais ils produisent tellement de musique.
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