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Joseph Haydn
Intégrale des quatuors à cordes, vol.9 (Op. 50), vol.10 (Op. 54 & 55), vol.11 (Op.76)

PAR Marc Vignal | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 7 août 2009
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Classica

Joseph Haydn (1732-1809), Quatuor Buchberger

Brilliant 3 x 2 CD séparés 93866, 93871 et 93934 (Abeille). 2007-2008. 2 h 05', 2 h 08' et 2 h 20'

NOUVEAUTE      

Prises de son peu réverbérées.

La note de Classica :



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Avec ces trois volumes, l'intégrale Joseph Haydn du Quatuor Buchberger touche à sa fin. Les Opus 50 (1787) et 54/55 (1788) marquent le début de la période qui vit Haydn se consacrer régulièrement au quatuor à cordes : trente-deux ouvrages achevés jusqu'en 1799. Pour les Opus 50 n° 3 à 6, les Buchberger tiennent compte de la découverte des manuscrits autographes en 1982, ce qui se traduit notamment, dans le n° 5 en fa, par un trio de menuet fort différent de ce dont on avait l'habitude auparavant : sa mesure 3 contient une « surprise » causant un véritable choc. Cette version originale ne se trouvait auparavant que dans l'enregistrement des Lindsay (ASV, 2003).

Les Buchberger jouent une fois de plus sous le signe de la vigueur et de l'élan. Certains quatuors retiennent particulièrement l'attention, comme l'Opus 50 n° 2 en ut, œuvre nerveuse et concentrée qui bénéficie d'une réalisation « de référence ». Les variations en mineur et majeur ouvrant l'Opus 55 n° 2 sont rendues avec intensité et émotion, et la fugue terminale du périlleux Opus 50 n° 4, dans la tonalité rare de fa dièse mineur, est prise sans traîner. Pour les deux recueils, surtout l'Opus 54/55, on n'oublie pas les Lindsay (ASV, 1987), ni les Amati qui ont signé il y a une dizaine d'années une belle version de l'Opus 50 (Divox).

Le volume 11 conclut cette intégrale. Les versions d'ensemble de l'Opus 76 sont nombreuses, depuis celles du Quatuor de Budapest (1954), des Amadeus (1963-1970) et des Tatrai (1964). Une des plus récentes réussites est celle des Prazák (1998). Les Buchberger occupent dans cette discographie une place à part. En particulier dans les menuets et finales, ils jouent en quelque sorte cette musique dans l'esprit de Bartók, ce qui n'est pas un contresens. Les menuets, sauf celui du n° 3, sont pris très rapidement, en véritables scherzos, avec dans le trio central des « Quintes » un impressionnant martèlement. Il en va de même des finales, notamment de ceux des n° 5 et 6, ce qui rend toute justice à l'écriture souvent agressivement linéaire de Haydn. On apprécie, au début du Finale des « Quintes », le glissando à l'arraché du premier violon, et dans l'Allegro initial de cette même œuvre un ré mineur dramatisé à l'extrême. Tout cela rappelle parfois le Quatuor Alban Berg (1993-1998), ce dernier se montrant toutefois plus civilisé. L'Opus 76 par le Quatuor Buchberger suscitera des jugements très tranchés, mais il a l'avantage de renouveler de façon positive la question.

Cette intégrale des soixante-huit quatuors, au moins la sixième réalisée par une seule formation, se termine en beauté, et l'on peut s'attendre à ce qu'elle soit prochainement rééditée en un unique coffret.

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