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Johannes Brahms
Danses hongroises WoO1 - Pièces pour piano op. 76 - Valses op. 39

PAR Stéphane Friédérich | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 18 novembre 2008
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Classica

C

Harmonia Mundi HMC902015. 2008. 71'

NOUVEAUTE      

Belle pr

La note de Classica :

Dans chacun de ses disques, qu'ils soient consacrés à des univers aussi éloignés que ceux de Debussy, Bach, Beethoven ou récemment Martinu, Cédric Tiberghien impose un jeu personnalisé et parfaitement adapté au répertoire. Dans les Danses hongroises, le défi consiste à ne singer ni la version originale pour quatre mains, ni les orchestrations plantureuses. Sur ce plan, ce disque est une réussite. Le piano, à la fois ample, chargé dans les basses et réverbéré avec intelligence l'y aide. Tout comme Julius Katchen et György Cziffra avant lui, Cédric Tiberghien fait preuve de fantaisie et d'une belle endurance physique, car toute la pulsation rythmique se transmet par la force des poignets. Dans chaque Danse, il propose une lecture originale, qu'il s'agisse des accents, ou de l'intonation. Cela donne un curieux et séduisant mélange, fait de nonchalance aristocratique et de pesanteur de danse paysanne. De cette manière, l'auditeur n'est jamais lassé par une répétition de formules rythmiques identiques.

D'une virtuosité et d'un intérêt musical tout autre, les Klavierstücke, op. 76 sont des journaux intimes qui révèlent l'âme du compositeur. Cédric Tiberghien les conçoit à juste titre comme de petits poèmes symphoniques nourris d'influences pianistiques de Schubert, Schumann et Liszt. Ce sont des rêves éveillés, étranges par leurs pulsations claudicantes, leurs climats épiques dans lesquels la part d'improvisation est essentielle. Le toucher est instinctif, bouillonnant, altier, porté vers la houle et non la tristesse introspective de ces pages. Cédric Tiberghien les interprète avec son tempérament de jeune artiste, étranger — et c'est tant mieux — aux témoignages de Rubinstein, Kempff et Gilels. En complément, les Valses claquent avec arrogance, ce qui est bien vu. Elles deviennent ainsi un hommage à Schubert, mais un hommage à la force démultipliée et, à l'évidence, impossible à danser.

Un disque de haute tenue.

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