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Johann Sebastian Bach Messe en si mineur

PAR Sylvain Gasser | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 11 août 2010
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Classica

Johann Sebastian Bach (1685-1750), Dorothee Mields, Johannette Zomer (sopranos), Patrick van Goethem (alto), Jan Kobow (ténor), Peter Kooy (basse), Cappella Amsterdam, Orchestre du xviiie siècle, Frans Brüggen

Glossa 2 CD GCD921112 (Harmonia Mundi). 2009. 1 h 46'

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La note de Classica :

 

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Disponible en qualité CD (LossLess)

Vingt ans après, Frans Brüggen et son orchestre réenregistrent la Messe en si. Les décennies passent, mais la passion musicale alliée à un goût sûr de la perfection stylistique demeure : le chef hollandais offre ici une Messe de grande beauté, éclatante et jubilatoire, la considérant comme un vaste concerto vocal où voix et instruments dialoguent à part égale. Le résultat impressionne par la souplesse des voix et la clarté des timbres instrumentaux, par une totale lisibilité polyphonique. À 75 ans, le chef joue l'épure : on savoure la délicatesse, la finesse, l'art des nuances (grande qualité de la Cappella Amsterdam), mais on recherchera presque en vain l'extrême dramatisation de certains passages (notamment dans le Credo) qui avait suscité l'enthousiasme dans la première version et qu'un chef comme Hengelbrock a traduite avec une incomparable maestria. Le chef ne s'est pas assagi, mais il apporte un ton plus sobre sans être froid, plus objectif sans être distant, en un mot, une sérénité. Ni luthérienne ni catholique, la Messe selon Brüggen se veut aliturgique et de ce point de vue-là, le résultat est tout à fait cohérent.

Les solistes partagent cette vision : la voix colorée de Johannette Zomer (cf. Laudamus te) est plus lumineuse qu'enflammée, tandis que celle de Patrick van Goethem, dans l'émouvant Agnus Dei, préférable à Michael Chance, se fond avec magie aux lignes plaintives des cordes.

Est-ce pour autant une Messe habitée ? Sans aucun doute, si la contemplation l'emporte sur l'exaltation. En ce sens, cette version est exemplaire. Mais ceux qui attendent de l'œuvre sa part d'éloquence où le poids des mots et le mouvement de la phrase sont au service d'un récit autant spirituel que théologique, à l'instar d'un Philippe Herreweghe (première version, Virgin Classics), regretteront pour une part l'absence d'une mise en relief du récit.

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