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Johann Sebastian Bach
Concertos Brandebourgeois BWV1046-1051 - Suites pour orchestre BWV1066-1069

PAR Sylvain Gasser | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 25 mars 2010
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Classica

Johann Sebastian Bach (1685-1750), Bach Collegium Japan, Masaaki Suzuki

Bis 3 SACD SACD-1721/22 (Codæx). 2003, 2008. 3 h 21'

REEDITION      

Restitution brillante.

La note de Classica :


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Disponible en qualité CD (LossLess)

Quand deux nouvelles versions d'une œuvre célèbre sortent en même temps, la comparaison entre elles s'impose inévitablement. Disons-le tout de go : ce que Gardiner (voir la critique) nous propose d'entendre est d'une grande pauvreté musicale, comparé (ou pas) avec Suzuki, ce à quoi il nous avait peu habitués. Il s'agit là d'un enregistrement réalisé à la suite des concerts donnés à la Cité de la musique de Paris, en janvier 2009. Le Cinquième Concerto, lui, fut enregistré à Londres en avril. Ne dirigeant lui-même que quelques-uns des concertos, Gardiner confie la direction au premier violon (pourquoi pas ?) sans que l'on comprenne les raisons esthétiques et musicales d'un tel choix. Mais le problème n'est pas là : que le "patron" soit à la baguette ou pas, ces Brandebourgeois sont d'un terrible ennui : où se trouve la fantaisie ? et la poésie ? Dans les mouvements lents, les instruments révèlent souvent leur manque de brio, ce qui crée en maints endroits, ce ton convenu qui pousse à l'ennui. Vite, redonnez-nous Goebel !

Goebel ? Car voici Suzuki qui poursuit par ailleurs avec éclat son intégrale des Cantates. Dans un coffret qui intègre sa superbe version des Suites, enregistrées en 2003, voici des Brandebourgeois qui touchent au cœur du mélomane. Suzuki nous étonne, nous charme et nous invite à découvrir les plis secrets d'une œuvre phare de la musique baroque. Suzuki privilégie la couleur, la combinaison des timbres, la quête d'une beauté sonore sans qu'on puisse l'accuser d'esthétisme. Au contraire, respectueux du texte, il cherche avec humilité et grande modestie à capter l'esprit de ces concertos, non pas en accentuant leurs traits virtuoses (ce fut la ligne menée par Harnoncourt puis Goebel), leur rythmique heurtée, mais en révélant l'élégance des lignes. D'une certaine manière, Suzuki est un sculpteur de son, ce qu'il révèle avec génie dans tous les mouvements lents. Suzuki rejette toute provocation sonore, toute excitation rythmique qui ne soit pleinement justifiée. On sent la patte d'un grand maître qui commerce avec l'essentiel de tout art : la beauté.

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