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Johann Sebastian Bach
Cantates BWV 13, 73, 81, 144

PAR Philippe Venturini | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 17 août 2009
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Classica

Johann Sebastian Bach (1685-1750), Gerlinde Sämann (soprano), Petra Noskaiová (alto), Christoph Genz (ténor), Jan Van der Crabben (basse), La Petite Bande, Sigiswald Kuijken

Accent ACC25308 (Abeille). 2008. 66'

NOUVEAUTE      

Acoustique naturelle d'église.

La note de Classica :


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(Disponible en LossLess)

Bref résumé des épisodes précédents pour les retardataires. Suzuki entreprend l'intégrale des cantates depuis 1995 selon la chronologie. Gardiner a tout enregistré en public en 2000 et les présente suivant le calendrier liturgique. Kuijken ne choisit qu'une œuvre par dimanche et fête religieuse qu'il publie, lui aussi, en fonction du calendrier. Le premier nous invite à Leipzig pour fêter Noël en 1725, le deuxième s'intéresse à la sexagésime et la septuagésime (respectivement soixante et soixante-dix jours avant Pâques) tandis que le troisième célèbre les dimanches postérieurs à l'Épiphanie.

Si les destinations diffèrent au gré des parutions, les trois chefs conservent la même ligne directrice. Le choix des effectifs permet d'en deviner l'orientation et dépasse la simple considération arithmétique. Suzuki (voir la page de la critique Classica) dispose d'un chœur léger de douze chanteurs (solistes compris) et d'une quinzaine d'instrumentistes qu'il met au service d'une pensée claire, d'une maîtrise absolue du style et d'une compréhension manifeste de chaque épisode : le 12/8 dansant de BWV 110/5, la poignante tristesse de BWV 57/3 ou la beauté désarmante de la pastorale de BWV 151/1. Sûr de l'éloquence de la musique de Bach, le chef japonais demeure un de ses meilleurs avocats même s'il s'interdit le moindre effet de manche.

À la tête d'une équipe plus fournie (vingt choristes, une vingtaine de musiciens), Gardiner (voir la page de la critique Classica) défend une conception plus théâtrale, née d'une lecture vigoureuse et pénétrante des livrets. La force comminatoire du chœur introductif de BWV 144, la violence du chaos décrit dans BWV 92/3, de l'évocation de Satan dans BWV 18/3 ou du Dieu belliqueux de la Bible de BWV 126/1 tout comme l'ambiguïté du premier air de BWV 84 (la joie annoncée ne s'obscurcit-elle pas de quelques doutes ?) démontrent magistralement que la destination sacrée de cette musique ne doit pas en minimiser la puissance dramatique. Excepté un redoutable Robin Tyson, contre-ténor heureusement peu sollicité, le plateau vocal se montre du meilleur niveau.

Plus intime car réservée à un petit groupe (un quatuor de solistes pour tout chœur, dix instrumentistes), la version de Kuijken continue de convaincre par son étonnant travail réalisé sur la prosodie et le rythme de la langue. Ce parti pris minimaliste impose en retour une parfaite homogénéité sous peine de percevoir quelques approximations de mise en place (BWV 13/5) ou les limites des chanteurs (Christoph Genz, très maniéré). S'il ne peut prétendre au même volume de décibels que Gardiner, il témoigne d'une égale intelligence musicale.

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