Johann Sebastian Bach
Airs et Cantates
Johann Sebastian Bach (1685-1750), Anne Sofie von Otter (mezzo-soprano), Karin Roman (soprano), Anders J. Dahlin, Tomas Medici (ténors), jakob Bloch Jespersen (baryton-basse), Concerto Copenhagen, Lars Ulrik Mortensen
Archiv 4777467 (Universal). 2009. 57'
NOUVEAUTE
Excellente coloration des timbres.

Il y aurait quelque erreur à considérer le présent enregistrement comme un récital d'Anne Sofie von Otter. Certes, la chanteuse porte l'album sur ses épaules, et lui prête sa notoriété. Toutefois, avant d'être un disque « von Otter », c'est là un disque « Bach ».
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(Disponible en LossLess)
Un Bach à la fois rigoureux et profond, sérieux et charnel. Le Concerto Copenhagen excelle à lui prêter des couleurs cuivrées, crépusculaires mais non pas noires, une agogique tenue, mais sans raideurs. Un Bach nocturne et secret, en somme : l'introduction de la BWV 197 est d'une douceur enveloppante, dans l'« Erbarme Dich », l'or sombre des cordes traduit, au cœur même de la supplication, une très touchante pudeur. De Bach, Anne Sofie von Otter possède la science du phrasé et du mot. La voix désormais est plus pauvre de chair, et il est net que la phrase en souffre. La Cantate BWV 74 perd de ses contours. La BWV 54 fait de l'exhortation une injonction abrupte. Mais les merveilles de diction demeurent, et le sens intime de cette musique compense assez ce qui s'est absenté de pulpe et de souffle. En recourant aux ressources du mot, von Otter peut même mettre en valeur des pièces souvent traitées de manière trop vocale, ainsi la Cantate BWV 30.
De plus, les jeunes chanteurs réunis autour de la mezzo sont, eux, profus de couleurs et de mélismes, et ne sont en rien des faire-valoir. Dans la BWV 60, Anders J. Dahlin manifeste un élan, une juvénilité, un brillant répondant merveilleusement aux tons mordorés de von Otter et à son chant très scandé. La Cantate BWV 117 atteste ce désir de chanter Bach ensemble, avant que d'en faire un argument de vente pour artiste lyrique. Ce que l'on déplore, c'est que ce faisant la chanteuse a cédé à la tentation des morceaux choisis. Car pour réussies qu'elles soient, ces interprétations par fragments ne donnent pas à la musique de Johann Sebastian Bach le loisir d'épanouir sinon sa beauté, sa dramaturgie et donc sa pulsation organique propre. Regrettable concession pour un disque par ailleurs au rebours de toute mode.
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