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Jean-Philippe Rameau
Les Indes galantes (Suite de ballet, transcriptions pour clavecin)

PAR Anne-Sophie Jacouty | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 25 mai 2009
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Classica

Jean-Philippe Rameau (1683-1764), Christophe Rousset (clavecin)

Ambroisie AM152 (Naïve). 2009. 63'

NOUVEAUTE      

Prise de son précise et équilibrée.

La note de Classica :


L'œuvre pour clavecin de Jean-Philippe Rameau suscite actuellement un véritable engouement discographique : après les récitals de Skip Sempé chez Paradizo et Céline Frisch chez Alpha , Christophe Rousset, auteur pour Decca d'une intégrale de référence des Suites, propose cet opus consacré aux transcriptions pour clavecin des Indes galantes, contemporaines du compositeur.

Il s'agit là, après un volume consacré au compositeur Pancrace Royer assez décevant, du deuxième disque de Christophe Rousset en partenariat avec la Cité de la Musique... L'occasion d'entendre ou réentendre des instruments de premier plan exposés par ce musée parisien, en l'occurrence le superbe clavecin Jean-Henry Hemsch de 1761, dont cette prise de son soignée permet d'appréhender la richesse de timbres et de couleurs. Hélas, les réserves émises envers l'album consacré à Pancrace Royer se révèlent à nouveau par cet enregistrement de grande tenue technique, mais d'une relative sécheresse expressive.

En dépit de la chair de cet instrument exceptionnel, Christophe Rousset se montre excellent technicien mais interprète parcimonieux, souvent étranger à la subtilité des climats, à la diversité et à l'expressivité de ces pages qu'il tend à uniformiser par un jeu mordant et vif, mais monocorde et sans largesse. Si cette approche peut servir des pièces de caractère, tels l'Air des Guerriers du Deuxième Concert, la superbe Chaconne finale et bien sûr, Les Sauvages, ici portés par une belle dynamique d'articulation et des basses nourries, ce que le XVIIIe siècle qualifiait en revanche de tendresse, qui teinte l'écriture de Jean-Philippe Rameau de cette poésie si particulière, se perd par ce traitement indifférencié. L'Air polonais, raide et métré, ou le très scolaire Air gracieux pour les Amours marquent notamment la limite de cette approche et l'embarras de Christophe Rousset à habiter l'expressivité baroque. Encore une fois, pourquoi priverait-on ce répertoire de lyrisme et de poésie, pour le limiter à un exercice formel... et distant ?

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