• Être fidèle à la musique | 

Henry Purcell
"The Food of Love" (Pages instrumentales de Corbetta, Simpson, Visée)

PAR Xavier de Gaulle | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 25 novembre 2009
Réagir
Classica

Henry Purcell (1659-1695), Paul Agnew (ténor), Anne-Marie Lasla (basse de viole), Elisabeth Kenny (théorbe et guitare), Blandine Rannou (clavecin, orgue)

Ambroisie AM185 (Naïve). 2009. 74'

NOUVEAUTE      

Présence chaude, très bien définie.

La note de Classica :


Écouter et télécharger
Disponible en LossLess

Paul Agnew, qui n'en est pas à ses débuts dans sa visitation inspirée des chants élisabéthains, est un parfait remède pour tous ceux qui ne supportent pas ou voudraient entendre autre chose que le naturel incarné d'un Alfred Deller. Pour les autres, c'est une très belle alternative.

Il faut dire que le ténor ne ménage pas son investissement : aidé d'un vibrato présent mais finement contrôlé, d'une infinité d'intentions qui ne tombent jamais dans la seule préciosité, mais sans l'oublier toutefois lorsqu'elle colle au style ("Ah ! how sweet it is to love"), il parvient à convaincre sur ces terres déjà lourdement habitées et ces chasses gardées, grâce à un timbre radieux et un sens accompli des textes chantés. Passant du dépit amoureux ("What a sad fate is mine") à l'évocation des charmes perdus de la bien-aimée ("Corinna is divinely fair"), jusqu'à l'embrasement de l'amant éconduit ("I see she flies me ev'rywhere"), ce récital sait éviter la monotonie et offre un panorama complet et souvent original des Songs purcelliennes. On attend bien sûr Agnew sur les incontournables : son "O Solitude", très humain, n'a rien à voir avec l'onirisme métaphysique d'un Deller qui s'adressait aux astres, mais Agnew lui confère une émotion simple, une authenticité touchante, comme pour un "Music for a while" charnu, intense. Évidemment, le choix retenu par l'interprète réserve quelques déconvenues mais aussi de bien singulières surprises : "Man is for the woman made" débite en 1'17'' un joli chapelet misogyne digne de L'École des femmes. Et il y a encore diverses originalités.

Il faut aussi souligner, in fine, la qualité de l'accompagnement du ténor : ces trois dames font toutes de petits miracles. Elles éclairent, soulignent ou soutiennent, relancent, avec un art consommé, jusque dans les pièces intercalaires. Précisons que malgré une pochette sur le goût de laquelle on peut émettre des doutes, tous les textes sont fort bien traduits par M.-S. Pâris. Un des meilleurs disques Purcell depuis longtemps.

Votre avis

À découvrir autour de l'article

Fil d'actualités

Tous les Qobuz Studio Masters en promotion pendant 6 jours !

Jazz : Cap au Nord

Jusqu'au 30 juin, recevez un chèque remise de 25% pour tout achat de 25€ sur le label Naxos

Inscrivez-vous à nos newsletters