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Hélène de Montgeroult
Onze Études pour piano - Sonate pour piano n°8

PAR Jacques Bonnaure | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 14 avril 2009
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Classica

Nicolas Stavy (piano)

Hortus 058 (Cod

NOUVEAUTE_PREMIERE      

Prise de son simple et naturelle.

La note de Classica :

Il faut marquer d'une pierre blanche chaque publication d'œuvres d'Hélène de Montgeroult (ça ne blanchirait pas beaucoup le paysage, vu qu'il s'agit du second CD monographique consacré à cette merveilleuse artiste, après celui de Bruno Robilliard chez le même éditeur). Comme les frères Jadin, Jean-Louis Adam, Méhul ou Boieldieu, elle appartient à cette époque de transition de la musique française, encore très méconnue, entre le style dit baroque et le romantisme, mais elle est incontestablement la plus douée. La République naissante a failli nous priver de ses talents car, en 1793, elle fut arrêtée et ne dut son salut qu'à sa virtuosité, Sarrette, le directeur du Conservatoire, ayant fait remarquer au Comité de Salut public que la musique française ne pouvait se passer d'une aussi grande pianiste. Sur quoi la citoyenne improvisa brillamment sur La Marseillaise et fut sauvée de la guillotine.

Elle fit partie de la première équipe de professeurs du Conservatoire. Sa vie fut longue et agitée, mais elle ne semble pas avoir composé après 1820. Son œuvre se résume (si l'on peut dire) à un important Cours complet pour l'enseignement du fortepiano, publié en 1816 qui ne comprend pas moins de cent quatorze Études mais aussi bien d'autres pièces, dont neuf Sonates. Sur la nature des Études, il faut bien s'entendre. Il s'agit ici de pièces parfois assez vastes, qui s'apparenteraient plus aux Pièces de caractères et autres Klavierstücke du Romantisme allemand. Probablement influencée par Dussek, Hélène de Montgeroult pratique un style très « avancé » pour son temps.

Cette quasi-contemporaine de Mozart annonce Schubert et Mendelssohn, en contournant Beethoven dont elle n'a probablement pas bien connu les œuvres (en revanche, certaines pages sonnent comme un hommage à Bach). L'Étude en la majeur (n° 110) est une sorte de Nocturne pré-chopinien plein de mystères, dont on chercherait bien en vain l'équivalent dans la musique française de son temps. Bref, on entend clairement qu'Hélène de Montgeroult est une artiste de premier plan, Nicolas Stavy aussi. Son premier CD, consacré à Chopin (Paraty) avait attiré l'attention et cette bonne impression se confirme ici. Par la souplesse de son jeu, par sa musicalité, par le charme de son toucher, il exalte les qualités de cette artiste sensible et originale.

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Publié par riri08 (12 messages) il y a plus de 3 ans
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