Susana van Els (alto), Cappella Amsterdam, musikFabrik, Daniel Reuss
Harmonia Mundi HMC901985. 2007. 65'
NOUVEAUTE STEREO DDD 
Prise de son équilibrée.
Notice 

Bien composé, cet album repose sur l’écriture chorale de deux figures de l’avant-garde de l’après-guerre, nés dans les années vingt, György Ligeti et Robert Heppener.
L’œuvre chorale à seize voix mixtes a cappella Lux aeterna (1968, rév.1996) est probablement l’une des partitions de musique contemporaine les plus populaires d’aujourd’hui, car elle a acquis une reconnaissance internationale grâce au film 2001, Odyssée de l’espace — le réalisateur Stanley Kubrick ayant d’ailleurs à l’origine plaqué sur ses images un enregistrement du Lux aeterna sans en avertir l’auteur... Le flou céleste de ces voix en apesanteur est ici d’une justesse confondante, grâce aux superbes chanteurs du chœur néerlandais Cappella Amsterdam, fondé il y a presque quarante ans et dont le chef Daniel Reuss est le directeur artistique depuis 1990.
Plus tardives, les Trois Fantaisies d’après Friedrich Hölderlin (1982) reprennent l’idée du canon, mais traitée de manière plus expressive. On saisit le sens de plusieurs mots constitués, et même l’humour théâtral d’interjections rythmiques dans l’esprit des Aventures et Nouvelles Aventures du même Ligeti. Entre ces œuvres chorales, s’insèrent trois des six mouvements de la Sonate pour alto solo (qui connut deux versions entre 1991 et 1994), dont Susanne van Els, créatrice de la partition aux Pays-Bas, est l’interprète avisée, dopée par la mélancolie racée de ses rythmes néo-folkloriques.
Le cosmique mou et conventionnel de Im Gestein (1992), cycle de six chansons chorales avec percussion et quintette à cordes de Robert Heppener (né en 1925), est cependant magnifié par l’interprétation élégante du chœur néerlandais, associé au non moins performant ensemble musikFabrik, de Rhénanie du Nord-Westphalie.
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