George Gershwin
Porgy and Bess
George Gershwin (1898-1937), Jonathan Lemalu (Porgy), Isabelle Kabatu (Bess), Bibiana Nwobilo (Clara), Michael Forest (Sporting Life), Rodney Ckarke (Jake), Angela Renée Simpson (Serena), Roberta Alexander (Maria), Arnold Schoenberg Chor, Chamber Orchestra of Europe, Nikolaus Harnoncourt
RCA 3 CD 88697591762 (Sony). 2009. 2 h 56'
NOUVEAUTE
Espace sonore restituant le concert.

Disponible en qualité CD (LossLess)
Mort trop jeune, à 39 ans, George Gershwin eut "la modeste ambition de contribuer à l'élaboration du grand roman musical américain", en présentant la création de son opéra Porgy and Bess en 1935. À l'affiche de nombreuses maisons d'opéra, sa partition est devenue l'emblème du théâtre lyrique américain et ses airs les plus fameux ont acquis une immense popularité dans le monde entier.
L'événement ici, c'est que le chef d'orchestre Nikolaus Harnoncourt, grande figure du renouveau de la musique sur instruments anciens et co-responsable de la première intégrale discographique des Cantates de Bach, s'est offert à l'occasion de son quatre-vingtième anniversaire une exécution publique de cet unique opéra de Gershwin. Cet enregistrement fut donc réalisé en plusieurs prises l'été dernier, lors du festival de Styrie (Autriche) que dirige le chef.
Renvoyons le lecteur au texte de Nikolaus Harnoncourt, hélas non traduit, où il s'explique sur le choix de la version qu'il dirige, comme, avis plus surprenant (mais fondé !), sur les similitudes entre Wozzeck et Porgy and Bess, ("Un opéra populaire américain, un Wozzeck américain").
Synthèse de multiples influences, l'ouvrage en ressort grandi sous cette baguette soigneuse et délicate. Solistes, chœur et orchestre participent à un spectacle d'une maîtrise absolue, même si on souhaiterait moins de classicisme côté voix — il y manque cette pugnacité, cette vigueur étourdissante que l'on trouvait dans la récente version de John Mauceri (Decca, 2006, "Choc" de Classica n° 86). Le chef, et ce n'est pas un hasard chez ce spécialiste de l'oratorio baroque, souligne la magnificence des passages chorals, quitte à tempérer — trop peut-être —, l'ardeur de l'orchestre.
Ce n'est donc pas une interprétation exceptionnelle, mais ses qualités objectives la placent aux côtés de versions méritoires : Simon Rattle (EMI, 1993) ou, plus anciennes, Lorin Maazel (Decca, 1976) et John DeMain (RCA, 1976).
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