Frédéric Chopin (1810-1849), Edna Stern (piano)
Naïve AM197. 2010. 64'
NOUVEAUTE STEREO 
Edna Stern revient sur le devant de la scène avec un disque Chopin sur piano d’époque, bicentenaire oblige. C’est peut-être l’un des nombreux charmes de ce disque, mais ce pianoforte Pleyel de 1842, à la sonorité sombre et profonde, n’est sans doute pas le meilleur pianoforte qu’il nous ait été donné d’entendre. L’Institut Frédéric Chopin, par exemple, a récemment enregistré l’intégralité de l’œuvre du compositeur polonais sur des pianoforte Erard et Pleyel de 1848-1849, tous remarquables.
Quant à la pianiste israélienne Edna Stern, c’est avec les grandes formes de Chopin proposées ici qu’elle tire le mieux son épingle du jeu. La
Ballade n° 2, tout d’abord — l’interprétation la plus convaincante de ce disque : elle est d’une belle maturité. Le jeu de la jeune pianiste y est souple et maîtrisé. Sur un piano sans doute difficile à jouer, elle étale sans complexe une technique solide et déroule notamment une exigeante
Sonate n° 2 pleine de finesse et de caractère. En revanche, dès qu’on aborde les "petites" pièces de ce disque, c’est, certes, un Chopin élégant qui nous est proposé, mais un Chopin sans grande originalité, au rubato légèrement maniéré dont Edna Stern avait déjà habillé son Bach — détonant — il n’y a pas si longtemps (Zig Zag Territoires). Les
Trois Nouvelles Études, qui ouvrent le disque, mériteraient sans nul doute de chanter un peu plus — on pense à Lugansky (Erato), admirable sur ce répertoire. Le
Prélude, op. 45 apparaît presque scolaire face à la révolution Rafal Blechacz (DG).
Mais à force de pinailler, on oublierait presque de dire que l’ensemble reste de qualité et qu’on aimerait bien, maintenant, un disque Chopin... sur piano moderne, cette fois !
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