Frédéric Chopin (1810-1849), Tatiana Shebanova (pianoforte Erard 1849)
NIFCCD 007 (Codæx). 2007. 63'
NOUVEAUTE STEREO 
Son équilibré, à bonne distance du piano.

Les Études pour piano op. 10 de Frédéric Chopin, véritable bible des pianistes, sont des pièces virtuoses et difficiles que le compositeur polonais écrivit dans un souci pédagogique bien connu. Chaque pièce travaille une difficulté particulière de la technique du piano. Médaillée d’or au conservatoire de Moscou, Tatiana Shebanova s’amuse en toute simplicité sur un pianoforte Erard de 1849 et démontre une redoutable digitalité (Études n° 2, n° 4 et n° 8), doublée d’une technique sans faille. Bien sûr, l’instrument diffère de nos pianos modernes : les notes sont plus détachées, un peu métalliques et les aigus moins brillants (n° 11) ; les forte de la n° 9 ou de la n° 12, par ailleurs jouées à vive allure, apparaissent un peu secs. Mais le charme opère ; son jeu, nuancé quand il faut (n° 6), séduit de bout en bout.
Les Études pour piano op. 25 prolongent le travail de recherche entamé par le compositeur dans son premier cahier. Sous les doigts de la pianiste Tatiana Shebanova, l’Étude n° 1 résonne de légèreté et de grâce. Le pianoforte Erard chante : on frissonne. L’Étude n° 7, essentiellement jouée dans les médiums, s’habille sur ce piano d’une grâce inattendue, désuète et tranquille : on se retrouve comme transporté à Nohant. Tatiana Shebanova termine ce second cycle sans faillir : l’Étude n° 11 coule de source alors que l’Étude n° 12, qui ne souffre d’aucun défaut, semble encore plus virtuose sur pianoforte.
La collection « The Real Chopin » éditée par l’Institut Frédéric Chopin propose l’intégrale de l’œuvre pour piano sur instrument d’époque du compositeur ; elle peut s’enorgueillir d’avoir là un très bon disque.
Info
Magazine
Podcasts
Classica
Art de Vivre