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Franz Schubert
Impromptus D899 et D935

PAR Philippe Venturini | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 2 février 2010
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Classica

Franz Schubert (1797-1828), Alexeï Lubimov (pianofortes)

Zig-Zag Territoires ZZT100102 (Harmonia Mundi). 2009. 66'

NOUVEAUTE      

La technique profite d'une acoustique d'église pour soutenir le son sans le déformer. Elle distingue en outre très clairement les deux instruments.

La note de Classica :






Franz Schubert à vif

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Disponible en LossLess

Ici, point de pièces légères voire divertissantes, mais une douleur vive dissimulée derriÈre le sourire de la mélodie schubertienne.

À la fois évoluer dans un univers de tristesse et de joie" : voilà le pouvoir qu'Alexeï Lubimov prête à la musique de Franz Schubert (lire l'article Bons secrets de Russie) en général et aux Impromptus en particulier. Cette ubiquité paradoxale, il parvient admirablement à la suggérer dans son jeu et dans ses options instrumentales. Il choisit en effet pour le premier cycle, le plus brutal, le plus intensément tragique, un instrument de Matthias Müller (1810) aux attaques nettes comme une déclaration de guerre, aux marteaux hérissés, aux aigus de bronze. L'instrument ancien n'a plus rien de l'aimable antiquité qui fait chic dans un salon mais devient une impitoyable machine à radiographier : le son (Emmanuel Hondré évoque très judicieusement dans son texte de présentation une cloche et sa résonance dans l'Impromptu n° 1), la polyphonie (exceptionnelle lisibilité des mouvements de deux mains) et l'âme (agitée de nombreuses vagues). Impitoyable, Alexeï Lubimov l'est aussi par sa façon de mettre à vif la douleur de Schubert au lieu de la dissimuler derrière le sourire de la mélodie (Impromptu n° 2) ou d'opposer dans un fascinant duel révolte et résignation (Impromptu n° 3).

Au second cahier et ses pages moins violemment froissées, l'artiste réserve un instrument de Joseph Schantz (1830) à la sonorité plus homogène, plus ouatée, plus concentrée vers le médium (il faut souligner le naturel étonnant de la prise de son de Franck Jaffrès). Son écoute reste pourtant identique, compatissante mais digne, jamais larmoyante. Le regard demeure tout aussi pénétrant, capable de déceler les abîmes de détresse derrière la fausse décontraction (Impromptu n° 3 et ses variations) ou l'élan rythmique de la danse (Impromptu n° 4 et sa conclusion sans espoir). "Tristesse et joie" : nous étions prévenus.

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