Frank Bridge
Quintette pour piano et cordes* - Idylles pour quatuor à cordes - Quatuor à cordes n°4
Frank Bridge (1879-1941), Piers Lane (piano)*, Quatuor à cordes Goldner
Hyperion CDA67726 (Abeille). 2008. 66'
NOUVEAUTE
Enregistrement sonore et d'une remarquable rondeur.

Les admirateurs de Gabriel Fauré devraient raffoler du Quintette de Frank Bridge. La même volubilité à la fois généreuse et maîtrisée, la même fluidité, la même élégance harmonique y prévalent que dans le Quintette n° 1 du maître français. Les perspectives claires et harmonieuses séduisent d'emblée, autant que la veine mélodique généreuse, lyrique et cultivant les plus belles fleurs de rhétorique — comment résister au thème ondoyant du premier mouvement, dont le retour triomphal au terme du final couronne l'édifice d'une radieuse péroraison ?
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Le jeu à la fois puissant et délié de Piers Lane fait merveille, et dans l'Adagio, il fait chanter son instrument avec un lyrisme à la hauteur de l'émouvante mélodie des cordes. Est-il osé de prétendre qu'il est le leader, entraînant le quatuor dans le frémissant sillage de ses acrostiches pianistiques ? Cette version pleine de fougue tranche avec celle de l'excellent Allan Schiller et des Coull chez ASV, plus monochrome et plus classique.
Les trois Idylles sont abordées avec la même intensité : pages d'un romantisme non dépourvu d'ombres ainsi qu'en témoigne la prédominance du registre grave. Le Quatuor n° 4 contraste avec ces fruits mûris de l'été indien du romantisme : ici prévaut une ascèse anguleuse, qui se réfère plus à Béla Bartók qu'à Alban Berg. La rigueur et l'économie toutes classiques du plan contrastent avec le langage ultra-chromatique ou bitonal : c'est ici le dernier Frank Bridge, avec sa part d'expérimentation et sa propension à ouvrir les portes sur le royaume des ombres... Tout ne se met en place qu'au terme d'auditions répétées, et cette nouvelle version parvient à donner davantage de corps à la matière sonore que les Maggini chez Naxos.
La version de référence reste cependant celle des Allegri chez Argo : à eux seuls revient de savoir décrypter la part de romantisme dissimulée derrière les savants rébus sonores.
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