Fazil Say
Concerto pour violon « 1001 Nights in the Harem ». Alla turca jazz - Patara ballet. - Summertime Variations
Patricia Kopatchinskaja (violon), Burcu Soysev (soprano), Aykut Köselerli (percussion), Celalettin Biçer (ney), Fazyl Say (piano), Luzerner Sinfonieorchester, John Axelrod
Na
NOUVEAUTE_PREMIERE
Bonne prise de son.

Compositeur et pianiste turc, Fazil Say a fait paraître en 2003 un premier disque de ses œuvres, « Black Earth », titre d'une pièce pour piano, où un motif mélancolique joué dans les cordes du piano, imitation d'un instrument traditionnel turc, côtoie sans complexes des marches harmoniques dignes de certaines pièces de variété. Une Sonate pour piano et violon dessinait un autoportrait du compositeur : univers folklorique, goût du jazz, sens de la mélodie et de la rêverie, dans une tonalité nimbée de douces dissonances. Mais le deuxième mouvement du Concerto pour piano et orchestre « Silk Road », tout en frénésie rythmique, trahissait des vides d'inspiration.
C'est dans la lignée de « Black Earth » que s'inscrit le nouveau disque de Say, qui s'ouvre avec le Concerto pour violon « 1001 Nuits dans le harem ». Le premier mouvement chante magnifiquement, plein de sensualité et de raffinement orchestral ; le second est une fête où se mêlent diverses danses, trop fuyant pour convaincre. Un troisième mouvement expose des variations sur une chanson turque émouvante à souhait, avant une dernière partie qui synthétise les trois précédentes.
Plage 5 du CD (notée par erreur plage 7), Say interprète au piano deux pièces brèves et enlevées qu'il destine aux bis de ses concerts, classiques et de jazz : un arrangement de Summertime de Gershwin, et plage 7 (noté 5) une Fantaisie sur le Rondo de la Sonate K. 331 de Mozart (la célèbre « Marche turque »), titrée également Alla turca jazz, ce qui en dit l'esprit.
Enfin, un Quatuor pour soprano, flûte ney (flûte orientale), piano et percussion, très développé révèle une face nouvelle du compositeur. L'œuvre exploite le thème varié de la Sonate pour piano K. 331 de Mozart ; la basse du piano se distingue par un statisme et un dépouillement obsessionnel sur laquelle se superposent progressivement des harmonies plus denses, et des volutes très retenues de la soprano et de la flûte. Nous sommes en présence d'une musique essentiellement contemplative, bien interprétée, comme toutes les œuvres de ce disque inégal.
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