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El Nuevo Mundo "Folías Criollas"

PAR Vincent Borel | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 21 juillet 2010
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Classica

El Nuevo Mundo, Cd Choc Plage 3, Tembembe Ensamble Continuo, La Capella Reial de Catalunya, Hespèrion XXI, Montserrat Figueras, Jordi Savall

Alia Vox AVSA9876 (Harmonia Mundi). 2010. 2009. 76'

NOUVEAUTE      

La note de Classica :






Hommage au métissage culturel

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Disponible en qualité CD (LossLess)

Par la manière et la matière, voici l'album de Jordi Savall le plus transgressif, où se télescopent musiques de colons et d'esclaves.

Fort de ses monumentaux livres disques convoquant autour d'Hespèrion XXI des musiciens de tous horizons, la palette sonore de Jordi Savall s'enrichit à présent de groupes mexicains et colombiens.

L'humanisme militant du chef catalan s'incarne dans ce CD festif. La matière, on la connaît déjà. Elle fut traitée dans un précédent volume intitulé "Villancicos y Danzas criollas". Les compositeurs hispaniques y découvraient la rutilance débordante des musiques du Nouveau Monde.

Ce "Nuevo Mundo" semble un retour à l'envoyeur. Les musiques des colons y sont définitivement contaminées par les sons des marges et des "bas-fonds". Car il n'y eut pas que missionnaires et hommes d'armes à débarquer avec les conquistadors, toute une société complexe les accompagnait. Tirées des armoires de l'Inquisition, les pièces choisies sont moqueuses, irrévérencieuses, voire anticléricales (El Cielito Lindo). Traces nègres de l'esclavage, zestes aztèques (Xochipitzahuatl) ou turbulences portuaires : les jacaras et les canarias se découvrent ici de singulières racines. Album de confluences plus que d'influences, il nous livre l'instant précis où l'esprit blanc épousa le mystère indien avant de repartir, ivre de transe caraïbe, vers les cours occidentales. Les basses obstinées, toujours actuelles dans les musiques mexicaines (écoutez Maria Chuchena) vont devenir les chaconnes des ballets de cour, cette danse que Cervantès nomme une "mulâtresse indienne". Savall n'hésite pas à faire intervenir le zapateado andalou et la raucité mexicaine dans des versions délurées de Santiago de Murcia et de Gaspar Sanz. Pourquoi pas ? Seul compte le plaisir du jouer ensemble.

Tout semblait avoir été dit de ce répertoire, sauf ses saveurs et ses couleurs. Elles sonnent irrésistibles, comme la Guaracha et la Cachua qui referment ces folies créoles, parfaites pour l'été.

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