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Claude Debussy
Préludes (Livre II) - Les soirs illuminés par l'ardeur du charbon - Images I et II

PAR Franck Mallet | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 23 mars 2009
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Classica

Denis Pascal (piano)

Eloquentia EL0814 (Harmonia Mundi). 2007. 73'

NOUVEAUTE      

Voir texte.

La note de Classica :

Interprète de Debussy, Denis Pascal revient au disque après un premier album pour Polymnie, en 2002, avec le 2e Livre des Préludes et les deux Séries des Images.

Passé la surprise d'une prise de son un peu terne (à moins que ce soit l'instrument ?), favorisant les aigus et les graves au détriment d'un médium un peu sourd, ce second enregistrement des Images ne manque pas d'attrait. Le jeu « impressionniste » convient bien aux six pièces de ce diptyque, même si chacune est différente. L'interprète estompe les contrastes, joue du clair-obscur, quitte par exemple à ralentir la montée chromatique de Hommage à Rameau, pour en évaluer la masse plutôt que la puissance. Un style réussi pour Reflets dans l'eau et l'Hommage, mais quelque peu rigide dans Mouvement. De même, Cloches à travers les feuilles évoluent dans une langueur qui peut étonner... Ce parti pris offre un Debussy plus intimiste que d'autres, et dans une tradition « française » à rapprocher d'interprètes comme Jean-Philippe Collard (EMI) et Jean-Pierre Armengaud (Arts).

Cinq ans séparent les Images du 2e Livre des Préludes, qui se veulent encore plus suggestifs et tout aussi insaisissables. Du dégradé gris blanc de Brouillards à la fureur assourdissante de Feux d'artifice, le piano du compositeur se liquéfie, disparaît dans l'ombre pour ressurgir avec effroi. Si le jeu de Denis Pascal pouvait convenir aux Images, il paraît globalement moins riche dans l'évocation des Préludes, trop réservé. La puerta del Vino peine à développer sa danse dégingandée, quitte à en bousculer le rythme, Hommage à S. Pickwick Esq. P.P.M.P.C. est fractionné jusqu'à en perdre l'indispensable tension... et l'humour, de même que La Terrasse des audiences du clair de lune est d'un statisme désarmant. Le pianiste est plus à l'aise dans le rythme naturel et chantant de Bruyères, de l'hypnotique Ondine et de la méditation superbe de Canope.

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