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Charles Gounod Mireille

PAR Philippe Thanh | LES DVD DU MOIS | 30 novembre 2010
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Classica

Inva Mula (Mireille), Charles Castronovo (Vincent), Franck Ferrari (Ourrias), Alain Vernhes (Me Ramon), Sylvie Brunet (Taven), Anne-Catherine Gillet (Vincenette), Sébastien Droy (Andreloun), Nicolas Cavallier (Me Ambroise), Amel Brahim-Djelloul (Clémence), Ugo Rabec (Le Passeur)… Chœurs & Orch. de l’Opéra de Paris, dir. Marc Minkowski. Mise en scène Nicolas Joel
FraMusica FRA002 (Harmonia Mundi). 2009. 2 h 32’
Son ♥♥♥  Image ♥♥♥



Tu connais pas "Mireille" ?

Il est temps de rendre à Charles Gounod la place qui lui revient et le sortir des placards dans lesquels on l'avait rangé trop vite.

A-t-on glosé sur cette Mireille avec laquelle Nicolas Joel ouvrait sa première saison à la tête de l'Opéra de Paris ! D'abord parce que l'ouvrage traînait des effluves vieillots pour ne pas dire provinciales. Il est vrai que les opéras de province sont plus fidèles à l'ouvrage de Gounod que la Capitale. Mireille faisait ainsi son entrée au répertoire de notre première scène lyrique, près d'un siècle et demi après sa création. Et la dernière production donnée à Paris, salle Favart, datait de 1995 (ce qui ne remonte quand même pas à Mathusalem !). Ensuite parce que la très classique mise en scène de Nicolas Joel, avec son premier degré clairement revendiqué, a déconcerté plus d'un bel esprit après les années Mortier et le règne du Regietheater.

Un an plus tard, la parution du DVD permet de faire le point, "à froid" si l'on peut dire. Et force est de constater la pertinence du propos du metteur en scène et la parfaite adéquation des décors et costumes d'Ezio Frigerio et Franca Squarciapino (seul le Rhône, au second tableau de l'acte III, peine à faire illusion). La captation vidéo, réalisée par les équipes de François Roussillon, en variant les plans introduit un relief supplémentaire et rythme davantage le spectacle.

Quant à la distribution, elle est proche de l'idéal, réunissant ce que le chant français peut offrir de mieux aujourd'hui autour de "guest stars" à la diction tout aussi impeccable. Ajoutons que chacun a, comme l'on dit, "le physique du rôle" et est parfaitement crédible à l'écran comme il l'était sur scène. C'est le cas d'Inva Mula, émouvante Mireille aussi à l'aise dans les passages les plus légers que dans le plus dramatique air de la Crau. À ses côtés, le ténor américain Charles Castronovo est un Vincent de haut vol, tant pour l'articulation que pour le phrasé comme en témoigne un "Anges du Paradis" tout en nuances. Autour des deux protagonistes, le baryton Franck Ferrari s'impose en Ourias saisissant et brutal, impressionnant au Val d'Enfer, tout comme Alain Vernhes, toujours un modèle de noblesse et de phrasé, ou Nicolas Cavallier dans le trop petit rôle d'Ambroise. Sylvie Brunet est une Taven caractérisée par la franchise de son émission, tandis qu'Anne-Catherine Gillet est une Vincenette de haut vol et Amel Brahim-Djelloul une délicieuse Clémence. Mais il faudrait citer tout le plateau...

On ne peut passer sous silence les chœurs qui ont la part belle dans Mireille et qui sont ici en net progrès. Quant à l'orchestre, emmené par un Marc Minkowski qui sait trouver des couleurs sans tomber dans le pittoresque, il a pris toute sa part à la réussite de cette production.

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