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Captées sur le vif, deux belles soirées du Metropolitan Opera de New York, mais aussi Toscanini et Karajan.

PAR André Tubeuf | LE RÉPERTOIRE DES CD DE A À Z | 10 mars 2010
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Classica





C’est à Archipel, satellite des labels Andromeda et Walhall, que revient la palme pour un triplé sensationnel. La Messe en si dirigée par Karajan à Vienne au Festival Bach de 1950 est connue, certes, et on sait la fabuleuse performance de Kathleen Ferrier dans un Agnus Dei qui (rapporte Schwarzkopf, elle-même soprano de la soirée) mettait le maestro en larmes. Mais entendre cet Agnus Dei, et toute la séquence en vérité depuis Et in spiritum sanctum en continuité, avec le silence tendu qu’on sent s’accumuler aux brèves pauses entre les morceaux, apporte ici quelque chose en plus d’ineffable : la délicatesse du portamento, l’audace inspirée des attaques et du pianissimo, quel relief de plus cela prend dans ce réalisme de l’écoute, qui souligne d’autant les défauts perceptibles de l’exécution de concert, confusions, cafouillages parfois. Mais un degré de plus dans le sublime.
2 CDARPCD0426 ★★★★

Aussi sensationnel est le repêchage d’une Missa solemnis de 1935 dirigée par Toscanini à New York qu’on ne connaissait que dans un son fantomatique, ici assez superbe pour l’époque. Décisions coupantes et même carrées, sobriété ascétique sans atténuations, libération de la pleine espansione dans les Benedictus et Agnus Dei seulement. Fabuleux quatuor soliste, avec une Rethberg rayonnant comme on ne l’a jamais entendue, Marion Telva (l’Adalgise de Ponselle Norma), Martinelli et un Pinza monumental. En fill-up Triple Concerto et Ouverture de Coriolan. Joyau toscaninien, et chant suprême.
2CD ARPCD 0435 ★★★★

Ajoutons de Paisiello une Molinara délicieuse, où au moins Sciutti et surtout Bruscantini impayable (la verve, le bien dire) nous montrent que depuis cinquante ans un certain chant italien a perdu au moins autant qu’un certain chant français ! Exemplairement mené par Caracciolo avec son Orchestre Scarlatti. Miserere de Jommelli en complément.
2 CD ARPCD0431 ★★★

La moisson Walhall n’est pas moins généreuse. On mettra hors pair Don Carlo (Met 1952, Stiedry) pour la présence du son, la vraie performance de Tucker succédant au Björling de l’inauguration de l’ère Bing un an plus tôt. Delia Rigal plus agressive vocalement est plus présente et satisfaisante, Barbieri toujours la lionne opulente de voix. Silveri reste pâle en Posa, mais Hines surprend en Philippe II solide, direct. Il était l’Inquisiteur en 1951. Hotter le remplace, joyau de l’album : l’impact vocal, la hauteur du personnage très au dessus (en fraîcheur notamment) de ce qu’il fera à Vienne dans le seul document, sauf erreur, que nous ayons de lui dans ce rôle où il est irremplaçable.
2 CD WLCD0293 ★★★★

On connaît le Fidelio de Bruno Walter (Met, 1951), il marque la réintégration de Flagstad dix ans après une dernière Leonore avec Walter ici même, quand elle quittait la sécurité des États-Unis pour rejoindre son mari en Norvège, ce que les États-Unis ne lui pardonnèrent pas. Sensationnelle comme elle reste, elle s’est assagie en dix ans, l’énergie torrentielle, la facilité suprême n’y sont plus : mais c’est à elle seule qu’on peut la comparer ! Bon Svanholm, très bon Schöffler (Pizarro), plus quelconques Hines (le Ministre) et Ernster (Rocco). Et Walter lui-même calmant le feu sacré qui était le sien et ne brûlait qu’en lui aux temps de guerre.
2 CD WLCD0285 ★★★★


ELISABETH GRÜMMER À LA RADIO

Dans un son inouï, toute la magie de la soprano allemande.

A-t-on jamais entendu Elisabeth Grümmer aussi lumineusement belle qu’ici captée par la SWR en 1958 au festival de Schwetzingen, avec Hugo Diez au piano, dans un Hänssler de son magique? Des Mozart, des Brahms, et surtout des Wolf simplement hors du monde (Bedeckt mich) ou malicieux (In dem Schatten), des Schubert sublimes (Suleika ! Wiegenlied !!!), matériel édité ailleurs mais qui ici redevient or. En prime, inédits, puisés en 1956 lors d’une apparition qui fit Grümmer au festival Mozart de Ludwigsburg, le récitatif et aria Basta vincesti et la scène Non temer de Mozart, version violon, avec l’orchestre de chambre de Stuttgart, Karl Münchinger et Arthur Grumiaux ! Courez !
Hänssler CD 94.209 ★★★★

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